Faute de pension, elle mendie pour faire vivre un autre fils, invalide de guerre, et un petit fils orphelin. A 56 ans, Stojanka en paraît vingt de plus.
«Aujourd’hui, personne ne m’a encore rien donné», dit-elle.
Son fils, paralysé des suites d’une blessure, n’a pu se joindre à d’autres invalides, venus sur des béquilles ou en fauteuil roulant, réclamer leur dû devant le siège du gouvernement serbe, à deux pas de l’endroit où Stojanka mendie.
Environ 300 proches de combattants serbes tombés sur le champ de bataille s’étaient joints aux invalides.
De nombreuses familles ne touchent ni pension, ni aide sociale.
«Nous sommes des laissés-pour-compte», s’indigne un ancien combattant, faisant résonner ses deux jambes de bois et montrant un œil de verre et son visage défiguré par de nombreuses cicatrices.
Blessé en 1991, il a fui sa Krajina natale (sud de la Croatie) en août 1995 avec quelque 150.000 autres Serbes chassés par l’armée croate.
Méfiant, il refuse de dire son nom et se contente d’agiter un épais dossier de «plaintes et requêtes» adressées «sans résultat» à diverses instances.
L’association, qui s’emploie à défendre les intérêts des quelque 15.000 invalides de guerre recensés en Serbie, a appelé ses membres à prendre leur sort en main, «après six années de silence, d’humiliations et de vaines démarches» auprès des institutions gouvernementales.
Les invalides et les familles des combattants tués demandent que les pensions leur soient versées à temps et soient réajustées régulièrement.
Le gouvernement serbe ne les a plus versées depuis dix mois, explique le président de l’association, Ilija Stupar, précisant que leur montant varie de 57 à 400 dinars (10 à 70 dollars).


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine