A côté du sida, de la fièvre hémorragique virulente, de l’hépatite C, qui attendent toujours le remède miraculeux qui freinera le massacre qu’elles causent, nous assistons à la résurgence de vieux fléaux comme le paludisme, la diphtérie, le choléra et même la peste.
Les transports aériens, les voies de communication de plus en plus multiples, la mondialisation du commerce, l’énorme décalage entre régions développées et contrées pauvres rendent cette menace terrible pour tous les peuples. Déjà, sous l’effet de la double pression technologique et économique résultant à des modifications radicales de son environnement, l’être humain se trouve au milieu de dangers dont on connaît peu ou mal la gravité et l’envergure.
A ce tableau, déjà bien sombre, vient s’ajouter une dramatique constatation: la résistance de plus en plus marquée de l’organisme humain contre les antibiotiques.
Ces remèdes salvateurs, dont l’avènement a marqué une date glorieuse dans l’histoire de ce siècle, sont en train de perdre de plus en plus leur efficacité contre bon nombre de maladies infectieuses. Parallèlement, le coût très élevé de la recherche et de la mise au point de nouveaux antibiotiques freine leur production. D’après l’OMS, au cours de ces vingt dernières années, une trentaine de nouvelles maladies contagieuses ont été identifiées. Pour la plupart d’entre elles, il n’existe pas encore de traitement spécifique de vaccination préventive appropriée.
Face à cette triste réalité, l’Organisation mondiale de la Santé tire la sonnette d’alarme. La santé du monde est en danger. C’est dans l’espoir de voir cet avertissement devenir le catalyseur d’une action et d’une réflexion commune, entre les pays, afin que la recherche, la surveillance et la lutte contre ces terribles dragons deviennent l’objectif concerté de tous les peuples de la planète, que l’OMS lance son appel.
Il est en effet urgent que ce 7 avril, Journée mondiale de la santé du monde, soit le point de départ d’une nouvelle approche défensive au niveau universel.
En fait, c’est à une prise de conscience au niveau mondial que fait appel l’OMS. Les grandes modifications de l’environnement, entraînées par la science et la technologie actuelles, exposent l’individu à des conséquences imprévisibles pour sa santé. La conquête de contrées forestières vierges, l’exploitation de régions jadis inabordables révèlent des dangers inconnus. Insectes, animaux, plantes, bactéries, virus, facteurs ou vecteurs de nouveaux maux guettent ceux qui y pénètrent mais aussi la terre entière grâce aux transports qui abolissent les distances.
Or, malgré ces dangers multiples, les pays, riches et pauvres confondus, limitent les fonds consacrés à la santé.
Car les priorités économiques priment sur la recherche scientifique, la prévention, l’étude approfondie des séquelles et de toutes les mutations draînées par les progrès techniques. Sur les soins sanitaires aussi et l’application des notions neuves.
Dans son message, le directeur de l’OMS cite comme exemple le fait que l’apparition de maladies neuves, la résurgence d’affections anciennes considérées jusque-là jugulées, la résistance aux antibiotiques et le cas du virus du sida n’avaient été constatés qu’après avoir fait d’innombrables victimes autour du monde.
Si la menace d’une guerre mobilise les nations et pousse aux sacrifices, une menace sur la santé exige le même souci, le même effort pour éloigner son spectre également redoutable et exterminateur. «Les maladies transmissibles, avertit le directeur de l’OMS, ne respectent aucune frontière. Nous sommes tous appelés à travailler ensemble, au niveau mondial, pour les combattre».
C.G.

