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Actualités - Chronologie

La marque ne pourra jamais Bugatti aux enchères

MODENE (Italie), 4 Avril (AFP). — Bugatti, synonyme dans les années d’avant-guerre de la plus haute qualité automobile, a disparu vendredi à Modène (nord-est), où l’usine Bugatti Automobili, qui a fait faillite en septembre 1995, a été vendue — en plusieurs lots — aux enchères.
Pour le Français Maurice Trintignant, seul pilote ayant conduit l’unique Bugatti jamais engagée dans un Grand Prix de Formule 1 (à Reims en 1956), la marque «ne mourra jamais».
«J’ai toujours été amoureux des Bugatti, reconnaît le pilote, (79 ans), et je le serai toujours. Dans la famille, il n’y avait d’ailleurs que des Bugatti. Mon frère Louis s’est tué en course, en 1933, au volant d’une Bugatti».
Les voitures fabriquées dans l’usine installée en 1990 à Campogalliano, près de Modène, et dont les six derniers bolides seront également mis (à près de 200.000 dollars l’unité) aux enchères, n’avaient plus que la marque en commun avec les créations d’Ettore Bugatti.
«J’avais visité cette usine, se rappelle Trintignant. J’aurais préféré qu’elle soit encore à Molsheim, mais les voitures qu’on y construisait étaient extraordinaires».
Sous le poids des dettes, l’entrepreneur italien Romano Artioli, également propriétaire depuis 1993 de la Britannique Lotus (revendue depuis à une société maltaise) avait dû jeter l’éponge l’an passé, après sept années passées à essayer de ramener Bugatti aux premiers rangs des constructeurs de voitures de course de luxe.

Un défaut

Avant-guerre, Ettore Bugatti produisait à Molsheim (France) des voitures de sport (qui bataillaient sur les circuits avec les Alfa Romeo et remportèrent des centaines de courses) et des limousines de luxe, dont la célèbre Royale, la plus convoitée et la plus chère, dont sept exemplaires seulement furent construits.
Ettore — fils de Carlo, un créateur de meubles de style, au début du siècle, et frère de Rembrandt Bugatti, sculpteur animalier — né en 1881 à Milan, avait fabriqué son premier véhicule en 1901, et fondé sa société à Molsheim en 1909, où furent construites jusqu’en 1939 toutes les voitures frappées d’un éléphant de mer — en souvenir d’une sculpture que lui avait donnée son frère — et dont les calandres avaient la forme d’un fer à cheval, simplement parce qu’il était passionné d’équitation.
«Avant la guerre, j’étais pilote chez Bugatti, raconte Trintignant, et j’allais régulièrement faire des essais sur l’aérodrome de Strasbourg (France). En course, je conduisais une B.51 de 190 chevaux, dotée d’un double arbre à cames et d’un compresseur, qui atteignait 235 km/h.
La guerre a brisé une première fois le mythe, malgré les efforts de Roland Bugatti. Il avait mis une voiture à l’étude, la B.57, qui fut présentée au Salon de l’automobile en 1955 mais n’a jamais vu le jour, déjà pour des problèmes financiers. Et il s’était lancé — sans plus de succès — dans la Formule 1 en 1956.
«C’était la première propulsion avec un moteur placé à l’arrière et en travers, explique Trintignant. Elle avait un défaut des barres de direction et ce fut un désastre. Le mal a été ensuite réparé. Mais il était trop tard et tout a été revendu à Hispano».
Trintignant espère que la vente de vendredi ne marquera pas la fin de Bugatti. D’ailleurs, la restauration de la Formule 1 de 1956 est en voie d’achèvement, il compte bien être, en juillet sur le circuit de Reims, à son volant.
«Pour retrouver, à l’occasion d’une course rétrospective, le plaisir de conduire ce bolide et prouver qu’une Bugatti ne meurt jamais».
MODENE (Italie), 4 Avril (AFP). — Bugatti, synonyme dans les années d’avant-guerre de la plus haute qualité automobile, a disparu vendredi à Modène (nord-est), où l’usine Bugatti Automobili, qui a fait faillite en septembre 1995, a été vendue — en plusieurs lots — aux enchères.Pour le Français Maurice Trintignant, seul pilote ayant conduit l’unique Bugatti jamais engagée dans un Grand Prix de Formule 1 (à Reims en 1956), la marque «ne mourra jamais».«J’ai toujours été amoureux des Bugatti, reconnaît le pilote, (79 ans), et je le serai toujours. Dans la famille, il n’y avait d’ailleurs que des Bugatti. Mon frère Louis s’est tué en course, en 1933, au volant d’une Bugatti».Les voitures fabriquées dans l’usine installée en 1990 à Campogalliano, près de Modène, et dont les six derniers bolides...