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Actualités - Chronologie

Zaïre : sous les huttes la richesse cuprifère

FUGURUME (Zaïre), 3 Avril (Reuter). — Avant qu’on n’y découvre du cuivre dans les années 1950, la région de Tenké-Fugurumé, dans la brousse du Sud-Zaïre, était inhabitée. Aujourd’hui, 30.000 personnes y vivent, mais pas une once de métal n’a encore pu en être extraite.
Des terrains arborés, des herbes hautes et des champs de maïs dissimulent toujours ces mines tenues pour les plus grandes réserves souterraines de cuivre et de cobalt au monde.
Çà et là, à flanc de coteau, les cicatrices du sol témoignent des forages pratiqués par les géologues à la recherche de la plus grande mine de cuivre à ciel ouvert de la planète.
Si l’on en croit ses responsables, la coentreprise Tenké-Fugurumé Mining Corp (TFM), détenue par Gécamines, propriété de l’Etat zaïrois, et par la société canadienne Consolidated Eurocan Ventures Ltd , est en train d’investir 250 millions de dollars dans ce projet qui, elle l’espère, pourra être exploité d’ici à l’an 2000.
Son PDG, Ted Webb, refuse de se départir de son optimisme. Pour lui, la guerre qui déchire le Zaïre depuis six mois n’est qu’une parenthèse dans l’histoire tumultueuse de l’ancienne colonie belge. Ce conflit, il en est convaincu, n’affectera pas le plus grand projet d’investissement mis sur pied au Zaïre depuis que la situation a commencé à se détériorer dans cette région, dans les années 1970.
Comme prévu, les plates-formes de forage et le personnel arriveront par avion sur le site le 18 avril, annonce Webb depuis Londres.
Pourtant, les précédentes tentatives d’exploitation du gisement se sont soldées par un échec. Derrière les mauvaises herbes, on aperçoit les maisons construites pour une main-d’œuvre qui n’a jamais pu se mettre au travail. Sur place, certains n’hésitent pas à présenter Tenké comme un endroit plus ou moins maudit, où tous ceux qui viendraient pour l’exploiter rencontreraient des ennuis.
Les premiers à s’y frotter furent les Belges de l’exploitant privé Union minière , venus repérer les lieux dès les années 1960. Mais la société fut nationalisée par le président Mobutu, sous le nom de Gécamines.
Mobutu octroya ensuite la concession d’exploitation à un consortium étranger mené par le Sud-Africain Anglo American Corp . Celui-ci y a englouti 300 millions de dollars, puis a abandonné le projet en 1978, effrayé par l’instabilité politique. Des familles belges avaient été massacrées à Kolwezi, la ville voisine cuprifère, sur fond de graves troubles politiques dans la riche province sécessionniste du Shaba.

Gagner cinq ans

Depuis lors, l’instabilité et la faiblesse des cours du cuivre ont dissuadé les éventuels nouveaux candidats à l’exploitation de Tenké. Mais les immigrants arrivés sur place pour travailler dans cette mine hypothétique sont toujours là, aujourd’hui au nombre de 30.000.
Parmi eux, une famille belge à l’histoire édifiante. Dans les années 1980, Franz Couttenier a acheté les actifs en surface de la mine. Aujourd’hui, cette propriété lui est contestée. Un conflit qui donne aux actuels concessionnaires de la mine peut-être autant de soucis que l’avancée des rebelles de Laurent-Désiré Kabila, dont les troupes sont encore à plusieurs centaines de kilomètres.
Couttenier, dont la maison est construite exactement à l’emplacement prévu du futur siège de TFM, souligne que sa présence sur place a permis d’entretenir les réseaux électriques et routiers et d’empêcher la destruction du site.
«Nous faisons ainsi gagner environ cinq ans à TFM sur le début des opérations», affirme-t-il.
Webb, le PDG de TFM, reconnaît à la famille Couttenier le droit à une compensation, mais il estime que ce problème incombe à Gécamines. Il rejette les allégations de Couttenier selon lesquelles il aurait refusé de verser les 50 millions de dollars qu’il devait à Gécamines dans le cadre de l’accord sur l’exploitation du cuivre, afin de forcer l’exploitant zaïrois à résoudre ce différend.
En attendant, les géologues et agents de sécurité dépêchés sur place par TFM pour les premières transformations du site doivent cohabiter avec la famille belge.
L’exploitation de Tenké, dont les réserves sont estimées à 222 millions de tonnes de minerai — dont 4,4% deviendront du cuivre pur et 0,33% du cobalt précieux — devrait commencer en l’an 2000. Ce morceau d’Afrique endormie se transformera en un mastodonte minier lorsque 100.000 tonnes de cuivre — plus du double de la production actuelle de cuivre au Zaïre — et 8.000 de cobalt — un tiers de la demande mondiale — en sortiront annuellement.
Les habitants de Fugurumé, village de huttes en pisé, nourrissent l’espoir d’un emploi futur — pour beaucoup d’entre eux, le premier de leur vie — et d’un meilleur avenir. Mais au vu de toutes déceptions du passé, ils ne peuvent que croiser les doigts.
FUGURUME (Zaïre), 3 Avril (Reuter). — Avant qu’on n’y découvre du cuivre dans les années 1950, la région de Tenké-Fugurumé, dans la brousse du Sud-Zaïre, était inhabitée. Aujourd’hui, 30.000 personnes y vivent, mais pas une once de métal n’a encore pu en être extraite.Des terrains arborés, des herbes hautes et des champs de maïs dissimulent toujours ces mines tenues pour les plus grandes réserves souterraines de cuivre et de cobalt au monde.Çà et là, à flanc de coteau, les cicatrices du sol témoignent des forages pratiqués par les géologues à la recherche de la plus grande mine de cuivre à ciel ouvert de la planète.Si l’on en croit ses responsables, la coentreprise Tenké-Fugurumé Mining Corp (TFM), détenue par Gécamines, propriété de l’Etat zaïrois, et par la société canadienne Consolidated...