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Actualités - Chronologie

L'Asie Centrale a peur des talibans

ALMATY, 28 Mars (AFP). — Les Etats d’Asie centrale issus de l’ex-Union soviétique multiplient les mesures pour renforcer leur défense face à la menace que représenterait une offensive de la milice intégriste des talibans dans le nord de l’Afghanistan voisin.
Le gouvernement kazakh a annoncé avoir entamé une réforme pour moderniser son armée, décision «liée» à la menace que représente l’offensive attendue des «étudiants en théologie» au pouvoir à Kaboul, selon le chef du Conseil de Sécurité du Kazakhstan, Beksoultan Sarsekov.
M. Sarsekov — dont l’administration chapeaute les ministères de la Défense, de l’Intérieur et la police politique — a expliqué que cette réforme, qui sera achevée en 1998, visait à rendre plus mobiles les soldats kazakhs.
Les armées des anciennes républiques soviétiques d’Asie centrale sont bien équipées avec de l’artillerie lourde, des chars et des avions, mais ne sont pas préparées à mener une guerre très mobile.
En Ouzbékistan, Etat situé au sud du Kazakhstan et qui a une frontière commune avec l’Afghanistan, le président Islam Karimov s’est lui aussi montré favorable à des mesures militaires préventives face à une possible offensive.
«Il est impossible de prévoir l’état d’esprit des talibans, l’euphorie qu’ils ressentiront une fois sur les rives de l’Amou Daria (fleuve frontière entre l’Afghanistan et l’ex-URSS). Il faut prendre tout de suite des mesures militaires», a déclaré M. Karimov début mars.
Une multiplication des combats dans le nord afghan pourrait avoir pour effet de déstabiliser l’Ouzbékistan, qui soutient financièrement des chefs de guerre afghans de souche ouzbèke opposés aux talibans.

Réservistes sous
les drapeaux

Des sources officielles ouzbèkes ont fait état fin février d’appel sous les drapeaux de réservistes nés dans les années 50 pour défendre la frontière.
Au Tadjikistan, des informations non confirmées émanant d’émissaires d’organisations humanitaires et de journalistes locaux parlent de la présence dans le sud du pays de 300 combattants d’Ahmad Shah Massoud.
Le chef militaire — Tadjik de souche comme ces hommes — du régime renversé en septembre 1996 par les talibans aurait dernièrement transféré au Tadjikistan plusieurs de ses hélicoptères de combat sur la piste de l’aéroport de Koulab (sud).
«Qu’il puisse aider l’Asie centrale à se défendre contre les talibans n’est pas acquis», estime un diplomate occidental. «Mais les talibans peuvent être tentés de poursuivre Massoud à l’intérieur du Tadjikistan. Là est le danger».
Le Turkménistan, la seule république d’Asie centrale à ne pas avoir condamné les talibans, est également le seul pays de la région à border des régions afghanes déjà sous contrôle des «étudiants en religion».
Le conflit afghan n’est pas le seul foyer d’incendie aux portes de l’Asie centrale ex-soviétique. La situation s’est également dégradée sur la frontière chinoise, avec les revendications séparatistes dans la province du Xinjiang.
Dans cette province du nord-ouest de la Chine, des groupes de séparatistes ouïghours musulmans, certains agissant les armes à la main, entendent arracher l’indépendance du Xinjiang des mains de l’armée chinoise.
Environ 350.000 Ouïghours vivent dans les ex-républiques soviétiques d’Asie centrale — notamment au Kazakhstan — qui partagent une frontière d’environ 1.700 kilomètres avec la Chine.
La crise au Xinjiang est «d’un côté, un problème intérieur de la Chine, mais de l’autre, du point de vue des droits de l’homme, on peut blâmer l’écrasement violent par les autorités chinoises» des Ouïghours du Xinjiang, a déclaré mardi un responsable kazakh. C’était la première fois que les autorités kazakhes reprochaient officiellement à Pékin sa politique au Xinjiang.
ALMATY, 28 Mars (AFP). — Les Etats d’Asie centrale issus de l’ex-Union soviétique multiplient les mesures pour renforcer leur défense face à la menace que représenterait une offensive de la milice intégriste des talibans dans le nord de l’Afghanistan voisin.Le gouvernement kazakh a annoncé avoir entamé une réforme pour moderniser son armée, décision «liée» à la menace que représente l’offensive attendue des «étudiants en théologie» au pouvoir à Kaboul, selon le chef du Conseil de Sécurité du Kazakhstan, Beksoultan Sarsekov.M. Sarsekov — dont l’administration chapeaute les ministères de la Défense, de l’Intérieur et la police politique — a expliqué que cette réforme, qui sera achevée en 1998, visait à rendre plus mobiles les soldats kazakhs.Les armées des anciennes républiques soviétiques...