Le texte adopté au terme de cette courte session condamne cependant solennellement «la continuation par Israël de sa politique d’expansion et de colonisation à Jérusalem et dans tous les territoires palestiniens et arabes occupés».
Il appelle également la communauté internationale à contraindre Israël à respecter totalement les accords de paix signés entre Palestiniens et Israéliens et à reprendre les négociations avec la Syrie «au point où elles étaient restées depuis leur suspension».
Le roi Hassan II, lors de son discours de clôture, a notamment déclaré: «Quand nous demandons la terre contre la paix, nous le disons aussi au profit d’Israël, cela veut dire que nous nous engageons à lui garantir la paix lorsqu’il nous restituera notre terre».
Le souverain marocain a également annoncé que le fonds d’aide pour la ville de Jérusalem sera mis sur pied dans moins d’un mois, avant la fête du sacrifice.
Le président de l’Autorité palestinienne, Yasser Arafat, seul avec le roi Hassan II à avoir pris la parole, a pour sa part condamné énergiquement la «politique de judaïsation à outrance de la Ville sainte de Jérusalem par Israël».
Le leader palestinien a notamment déclaré que le gouvernement israélien est décidé à «poursuivre cette politique et à construire d’autres quartiers juifs à Jérusalem-Est».
«Israël a ainsi enfreint les accords d’Oslo I et II», a indiqué M. Arafat avant d’ajouter: «Mon accord avec Yitzhak Rabin, ancien premier ministre israélien, stipule qu’on ne peut ajouter aucune maison aux colonies déjà existantes».
Avant la réunion du comité, le roi Hassan II avait reçu le coordinateur américain du processus de paix, M. Dennis Ross.
Une source diplomatique bien informée estime que M. Ross a surtout cherché à convaincre le roi Hassan II d’user de son influence auprès de ses partenaires arabes et de faire en sorte que le comité Al-Qods, à l’issue de ses travaux, surseoie à son intention de proposer un «gel» des relations du monde arabo-islamique avec Israël.
Le palais royal marocain avait publié un message d’une rare sévérité sur la politique du gouvernement Netanyahu adressé par le souverain aux participants, à Rome, d’un symposium sur Jérusalem.
Dans ce message, en effet, le roi Hassan II dénonce tout à la fois «le mépris» du gouvernement israélien «pour les résolutions internationales», son «refus de répondre aux nombreux appels de la communauté internationale» lui demandant de reconsidérer sa position et les mesures prises «visant à dénaturer les cractéristiques géographiques et démographiques» de Jérusalem.
Pour le souverain marocain, tout ceci incite à penser que le gouvernement israélien «ne fait pas preuve de sérieux en prétendant vouloir poursuivre le processus de paix».
La réunion du comité avait été précédée d’un entretien entre le roi du Maroc et les ministres des Affaires étrangères du Liban, M. Farès Boueiz, de Syrie, M. Farouk el-Chareh, d’Egypte, M. Amr Moussa, et d’Arabie Séoudite, le prince Séoud el-Fayçal, en présence du premier ministre marocain, M. Abdel Latif el-Filali.
Les quatre ministres des A E avaient auparavant tenu une réunion de coordination en présence des ambassadeurs respectifs de leurs pays au Maroc. Le chef du Cabinet de M. Boueiz, M. Melhem Mesto, a participé à la réunion.
Les quatre chefs de diplomatie se sont ensuite rendus, à bord d’une même voiture, au siège du gouvernement marocain pour s’entretenir avec M. Filali.
A l’issue de la discussion, M. Moussa a déclaré que «la position minimale du comité Al-Qods sera de réclamer l’arrêt de la colonisation à Jérusalem».
«Nous sommes pour l’application du plan de paix tel qu’il a été adopté par les différentes parties à Oslo et il n’est pas question d’en changer le moindre mot», a déclaré M. Moussa.


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