Lors d’une conférence qui dure jusqu’à mardi soir, devant un parterre de près de 300 hommes d’affaires égyptiens installés à l’étranger, les ministres des Finances, du Commerce, de l’Agriculture, de l’Administration locale, du Travail, de l’Habitat et de l’Intérieur ont été chargés d’expliquer en quoi leur pays avait bien tourné le dos à l’économie étatique en vigueur à l’époque de Gamal Abdel Nasser (1952-1970).
«Le Parlement examinera en milieu de semaine un nouveau projet de loi sur les garanties et les encouragements à l’investissement», a déclaré le ministre de l’Agriculture Youssef Wali.
Ce projet de loi, dont l’adoption est acquise, vraisemblablement la semaine prochaine, selon de bonnes sources, «interdit toute atteinte aux entreprises privées: pas de saisie, pas de nationalisation et pas de mise sous séquestre», a-t-il précisé.
Selon lui, il prévoit également diverses facilités comme «les exemptions d’impôt durant 20 ans pour tout investissement dans la Nouvelle vallée», lancée cette année par le président Hosni Moubarak pour mettre en valeur le sud-ouest du pays, actuellement désertique.
La nouvelle législation stipule aussi que «des terrains appartenant à l’Etat dans plusieurs régions seront fournis gratuitement aux investisseurs par décision du Conseil des ministres, les démarches bureaucratiques pour les importations et les exportations seront supprimées et les étrangers autorisés à acheter et vendre des terrains constructibles», a dit M. Wali.
Le gouvernement de M. Kamal al-Ganzouri avait fait de l’investissement sa priorité dès sa formation en janvier 1996 affirmant sa volonté de lever tous les obstacles.
Les investissements étrangers vont tripler en Egypte pour atteindre 2,1 milliards de dollars en 1997 contre 650 millions l’an dernier, selon le Fonds monétaire international (FMI). Cette relance des investissements interviendra après trois années de recul.
Selon le représentant du FMI au Caire, M. Arvin Subramanian, au cours de l’actuelle année fiscale (juillet 1996-juin 97) les investissements étrangers directs devraient atteindre 800 millions de dollars et les investissements en portefeuille 1,3 milliard.
Le ministre des Finances, Mohieddine al-Gharib, a noté que «la part des impôts (sur le revenu) dans les recettes du budget a diminué de 2% passant de 18% à 16% cette année et nous nous attendons à ce qu’elle atteigne 15% l’an prochain».
«Nous envisageons une réduction progressive des impôts sur les revenus à condition de pouvoir lutter efficacement contre la fraude fiscale», a-t-il ajouté.
«Les droits de douane seront également réduits progressivement ces prochaines années et les prix de l’énergie seront maintenus à leur niveau afin d’accroître le pouvoir d’achat réel», a-t-il encore promis.
«De plus, la main-d’œuvre égyptienne est disponible à des salaires très raisonnables», a souligné M. Gharib alors que le ministre du Travail Ahmed al-Amaoui a affirmé que la loi qui doit être adoptée prochainement par le Parlement «établit un équilibre entre les droits des travailleurs et ceux des patrons» et «met en place une procédure judiciaire rapide pour trancher les conflits de travail».
Dans un pays où le taux de chômage est estimé à 20% par l’Organisation internationale du travail, les investissements sont indispensables. «Nous devons créer 500.000 à 800.000 emplois par an d’ici l’an 2000», a indiqué M. Amaoui.
«Nous poursuivrons la bataille de l’investissement, car c’est notre principal moyen pour réaliser le développement économique et social», a conclu le président de l’Autorité de l’investissement, M. Ibrahim Fawzi.


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