Après Mick Jagger, les Who ou David Bowie, celui qui est né Reginald Kenneth Dwight aborde la cinquantaine avec l’esprit d’un miraculé.
Alcool, cocaïne, drogue: «J’ai été un boulimique en tout», aime à répéter le chanteur qui croyait à ses débuts combattre ainsi son extrême timidité.
«Ma carrière était un succès. Mais ma vie était franchement misérable», reconnaît aujourd’hui celui qui enchaîne les tubes depuis 1970, quand «Your Song» a fait le tour du monde, scellant son association, parfois orageuse, avec son parolier Bernie Taupin, complice de vingt-huit ans.
Les albums et les succès — «Crocodile Rock», «Bennie and the Jets», «Empty Garden», «Sad Songs», «Nikita», «The Last Song», les bandes musicales du dessin animé de Disney «Lion King» ou du film «Quatre mariages et un enterrement» — s’enchaînent, avec toujours la même réussite due à son talent de compositeur.
Elton John a enregistré plus de 40 albums et vendu plus de 200 millions de disques.
Implants capillaires
Célèbre pour sa musique, il l’est aussi pour ses implants capillaires — qui lui permettent enfin aujourd’hui d’abandonner les chapeaux — ses lunettes extravagantes, son bref mariage avec l’Allemande Renate Blauel, ses variations de poids, ses costumes de scène déments, comme une apparition en Donald Duck, ou encore sa présidence du club de football de Watford.
Après s’être présenté comme bisexuel, il revendique depuis plusieurs années son homosexualité et «est fier» d’une bataille judiciaire historique gagnée contre le tabloïde britannique «The Sun», auteur d’une série de ragots sur lui.
Mais le tournant de sa vie, et de sa carrière, intervient au début des années 90. Il rencontre un jeune adolescent hémophile contaminé par le sida. Bouleversé, il l’accompagne jusqu’à sa mort et décide de changer sa vie.
«C’était ou se désintoxiquer, ou mourir, a-t-il dit. Je voulais vivre, je voulais me donner encore une chance, être fier de moi et de ma vie encore une fois». Il se soigne, arrête de boire, de se droguer, de manger n’importe comment. Il se bat contre la légende qui voudrait que la drogue inspire les artistes. «J’ai cru que la dope était la clé qui ouvrirait mon âme, elle ne faisait que la détruire».
S’estimant «chanceux» de n’avoir pas été contaminé par le virus du sida, il crée en 1992 deux fondations contre la maladie, en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis et leur reverse désormais l’essentiel de ses royalties.
Ces deux fondations ont permis de récolter plus de 12 millions de dollars et financent plus de 100 organisations dans le monde entier. En Grande-Bretagne seulement, Elton John soutient près de 70 projets.
Côté musique, «fil conducteur de ma vie depuis l’âge de 3 ans», son dernier album «Made in England» date de 1995. Cette «tranche de vie» évoque son enfance solitaire, sa lutte pour trouver son identité sexuelle et surtout ses batailles contre toutes ses dépendances.
«Je me sens plus proche de cette série de chansons que de tout ce que j’ai fait depuis vingt ans», reconnaît-il.
Aujourd’hui, la mise est plus sobre, mais Elton John apprécie toujours les grandes fêtes, comme pour ses 47 ans, où il était apparu déguisé en Roi soleil.
Pour ses 50 ans, un de ses plus proches assistants a organisé une gigantesque fête qui réunira le 6 avril à Londres plusieurs centaines d’invités, priés de se présenter en «costume dément».

