Les autorités albanaises ont fait du rétablissement de l’ordre «une priorité avant même l’envoi d’aide humanitaire», a déclaré le premier ministre socialiste, Bashkim Fino.
M. Fino doute que les élections puissent d’ailleurs se tenir comme prévu au plus tard en juin si les Albanais ne rendent pas les armes volées à l’armée.
«Ce sera réellement difficile d’avoir des élections si tout le monde est armé», a déclaré M. Fino. Le nombre d’armes actuellement en circulation est impossible à chiffrer car même les inventaires ont été détruits lors du pillage des casernes. Selon certaines sources, jusqu’à un demi-million d’armes pourraient se trouver aux mains des civils. M. Fino n’a pas exclu la possibilité que ces armes puissent être rachetées.
Le gouvernement albanais a présenté toute une liste de matériel pour la police au gouvernement italien, a indiqué M. Fino.
Tirana a demandé des voitures, des blindés, des gilets pare-balles et des équipements spécialisés de maintien de l’ordre ainsi que de nouveaux uniformes.
«Les gens acceptent mal de voir des policiers en civil. En plus, des uniformes ont été volés et il y a un risque que des malfaiteurs se fassent passer pour des policiers», a-t-il remarqué.
Le calme a été rétabli dans une partie du pays notamment à Tirana, Durres, Fieri et Elbasan mais il y a des localités où les civils armés font régner la terreur comme à Korça et Gjirokastra, dans le sud, a reconnu M. Fino.
Le premier ministre a également annoncé qu’une première prison, à Tirana, pourrait accueillir à nouveau des détenus à partir de samedi. «Nous n’avions plus de prisons, nous sommes le pays le plus démocratique du monde», a-t-il ironisé.
Sans attendre cette réouverture «officielle», dix délinquants se sont déjà rendus d’eux-mêmes à la prison de Tirana, par peur de représailles, selon le directeur de l’administration pénitentiaire, Bedri Coku.
Face aux réticences européennes, M. Fino qui avait réclamé la venue d’un millier d’hommes semble avoir renoncé à l’intervention d’une force militaire extérieure pour ramener l’ordre.
«La meilleure solution est que les Albanais rétablissent eux-mêmes l’ordre. C’est mieux pour tout le monde», a-t-il souligné, évoquant des risques d’incidents entre soldats étrangers et des civils armés.
Des unités spéciales, d’une soixantaine d’hommes, vont être constituées au sein de chaque force de police locale, a annoncé le premier ministre.
«Cette force qui va être très vite mise sur pied va frapper fort et impitoyablement», a assuré le premier ministre.

