Dans le Nord, 400 manifestants venus de Vilvorde se sont rendus à Wavrin, près de Lille, où sont entreposés 9.000 véhicules Renault. Ils entendent camper sur place pour bloquer toute sortie de véhicules mais des affrontements avec les forces de l’ordre se sont produits en fin de matinée.
A Boulogne-Billancourt, près de Paris, les manifestants se sont rassemblés devant le siège du constructeur automobile, où se tient un conseil d’administration. Ils sont ensuite partis sur les Champs-Elysées, devant le pub Renault, vitrine de l’entreprise sur la prestigieuse avenue.
Les accès à l’établissement étaient interdits par des CRS. Une brève bousculade s’est produite lorsque les manifestants ont tenté de franchir le cordon de policiers.
Le cortège s’est ensuite dirigé vers l’Arc de Triomphe, aux cris de «Renault solidarité» et «Vilvorde doit rester ouvert», dans un concert de sifflets.
Dans le Nord, neuf autocars venus de Vilvorde sont arrivés en fin de matinée sur la zone d’activités de Wavrin, à une quinzaine de kilomètres au sud de Lille, où sont entreposés 9.000 véhicules Renault.
Les manifestants veulent s’installer sur place pour empêcher toute sortie. Des affrontements se sont produits avec les policiers et la situation reste très tendue en milieu de journée.
Affrontements dans le Nord
Alors que les gendarmes tentaient de quitter le site, ils ont été pris à partie par les manifestants. Les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogène pendant que les salariés leur lançaient des pierres.
Selon le capitaine de la gendarmerie de Lille, Alain Salort, les deux parties semblaient pourtant s’être mises d’accord: les gendarmes devaient quitter le site et le laisser aux manifestants qui en contrepartie s’engageaient à ne pas endommager les véhicules.
Depuis l’arrêt de la production à Vilvorde fin février, des véhicules du constructeur français ont été rassemblés à Wavrin pour être acheminés en Belgique en cas de rupture de stock.
Les syndicats belges et français organisent ces actions le jour où le président du groupe, Louis Schweitzer, présente les résultats 1996.
Les analystes financiers s’attendent à une perte située entre 4,5 milliards et 6 milliards de FF.
Mercredi, lors d’une première rencontre avec les syndicats belges, en «terrain neutre», à Beauvais, dans l’Oise, Louis Schweitzer a réaffirmé que sa décision de fermer l’usine de Vilvorde était irrévocable.
«Hier, nous avons assisté à un long monologue de Schweitzer», a regretté au départ de la manifestation le secrétaire du comité de groupe européen, Michel Batt. «Il a refusé systématiquement toute discussion sur des solutions alternatives. Il renvoie le débat dans la rue».

