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Actualités - Chronologie

France : Jospin prône une nouvelle politique de croissance

PARIS, 18 Mars (Reuter). — Lionel Jospin a présenté mardi ce que serait la politique économique et sociale des socialistes en cas de victoire aux législatives de mars 1998, une politique bâtie autour d’une forte relance de la croissance.
«Il est nécessaire de créer un choc à travers une nouvelle politique de croissance qui, dans le contexte actuel, ne fait pas courir à notre économie le risque de retour de l’inflation et de déficit des échanges extérieurs», a déclaré le premier secrétaire du Parti socialiste lors d’une conférence de presse.
Pour Lionel Jospin, il s’agit d’une politique «originale, (…) clairement alternative et réellement cohérente» qui doit «d’abord répondre au déficit de croissance».
«Le rythme de la croissance «soutenable» pour la période qui s’ouvre à partir de 1998 peut être évalué à environ 3% par an, voire un peu plus», a-t-il souligné.
L’accroissement de la croissance, a précisé Lionel Jospin, passe par trois grandes orientations: la réforme des cotisations d’assurance-maladie, la réduction du temps de travail et une conférence sur les salaires contenant un programme national visant à créer 700.000 emplois pour les jeunes.
Lionel Jospin a accusé le président Jacques Chirac et le premier ministre Alain Juppé, de «porter une responsabilité particulière dans l’interruption brutale, en 1995, de la reprise qui s’était esquissée en 1994». «Ils promettaient la croissance, ils ont cassé la reprise», a-t-il affirmé.
Lionel Jospin a estimé que le chef de l’Etat et le chef du gouvernement nourrissent «à coups d’indicateurs soigneusement choisis et manipulés, un optimisme à finalité électorale» et que «les perspectives actuelles ne sont guère encourageantes» car «la reprise qui s’esquisse est à la fois molle et fragile».

«Plus de pouvoir
d’achat»

«Ce n’est pas l’offre, comme le prétendent les conservateurs, qui bride la croissance dans notre pays (…) C’est au contraire l’insuffisance de la demande, et d’abord de la demande des salariés, ainsi que celle des chômeurs, qui nous pénalise et freine le dynamisme de notre économie. C’est pourquoi la politique que je préconise entend donner à certaines catégories de Français plus de pouvoir d’achat», a-t-il dit.
Lionel Jospin a tout d’abord détaillé la réforme qui viserait à faire basculer en deux ans les cotisations salariales maladie sur une nouvelle cotisation sociale généralisée, mesure qui permettrait de dégager, selon lui, plusieurs dizaines de milliards supplémentaires pour les salariés modestes et moyens.
Le premier secrétaire du PS a mis l’accent sur la réduction du temps de travail, qui comporterait trois étapes: «l’adoption d’une loi-cadre par le Parlement, des négociations décentralisées entre patronat et syndicats dans toutes les branches et entreprises, une nouvelle loi, celle-là normative, qui tirera les conséquences de ces négociations».
La loi-cadre comporterait une disposition principale: la fixation à 35 heures, sans perte de salaire, de la durée légale bebdomadaire de travail dans un délai de deux à trois ans.
Dans le cadre d’une «conférence des salaires, de la réduction du temps de travail et de l’emploi», Lionel Jospin a souhaité que soit instauré un véritable «contrat social pour l’emploi».
«A court terme, et sans préjuger complètement de la conjoncture économique de l’année 1998, une progression de la part des salaires dans le revenu national est nécessaire, même si elle doit évidemment être maîtrisée», a-t-il déclaré.

Un contrat de
cinq ans

La conférence salariale «aura à prendre en compte l’avancement de la réduction du temps de travail, ne serait-ce que par la mise en œuvre de cette dernière, sans baisse des salaires par tête, signifie évidemment une augmentation des salaires horaires», a-t-il expliqué.
«Symétriquement, en fonction des conclusions pratiques de cette conférence et des négociations décentralisées sur le temps de travail, le gouvernement pourrait être amené à fixer, dès la première année, la durée légale du travail hebdomadaire à 37 heures», a ajouté le patron du PS.
Concernant l’emploi des jeunes, Lionel Jospin a «clairement» réaffirmé son engagement à mettre en place 700.000 emplois pour les jeunes en deux ans, dont 350.000 dans le secteur public.
«C’est le budget de l’Etat qui financera ces emplois intégralement quand il est l’employeur, pour 80% de leur coût dans les autres cas» et «ce financement doit se faire à dépense publique globale constante», a-t-il souligné.
Le contrat de travail longue durée (CTLD) mis en place à cette occasion aurait une durée de cinq ans.
Le PS a jugé impossible de créer une «obligation légale» pour les entreprises mais espère que les employeurs répondront à une «obligation morale». Une politique incitative accompagnerait la détermination du gouvernement.
Lionel Jospin a expliqué qu’il serait possible dans de nombreux cas de s’appuyer sur le départ en retraite de salariés ayant cumulé 40 années de cotisation. «Il y en a aujourd’hui 200.000», a souligné le premier secrétaire du PS.
L’ancien candidat à la présidentielle a conclu son propos en appelant à une relance de l’investissement, à une politique budgétaire bâtie sur les «dépenses d’avenir»: éducation, recherche, logement, culture et justice.
Sur le plan européen, il a rappelé qu’à ses yeux la monnaie unique ne pouvait être envisagée dans l’Italie et a souligné que «le dogmatisme des banques centrales demeure un obstacle à la croissance». Il a rappelé l’impératif d’Europe sociale.
PARIS, 18 Mars (Reuter). — Lionel Jospin a présenté mardi ce que serait la politique économique et sociale des socialistes en cas de victoire aux législatives de mars 1998, une politique bâtie autour d’une forte relance de la croissance.«Il est nécessaire de créer un choc à travers une nouvelle politique de croissance qui, dans le contexte actuel, ne fait pas courir à notre économie le risque de retour de l’inflation et de déficit des échanges extérieurs», a déclaré le premier secrétaire du Parti socialiste lors d’une conférence de presse.Pour Lionel Jospin, il s’agit d’une politique «originale, (…) clairement alternative et réellement cohérente» qui doit «d’abord répondre au déficit de croissance».«Le rythme de la croissance «soutenable» pour la période qui s’ouvre à partir de 1998 peut...