La situation alimentaire du pays va devenir «critique si on n’intervient pas rapidement», a déclaré mardi le nouveau ministre des Finances et de l’Economie, Arben Malaj.
«La situation est très difficile. Le déficit budgétaire augmente chaque jour. Il n’y a plus de rentrées fiscales et douanières depuis plus de deux semaines», ajoute-t-il.
«Toutes les réserves d’Etat ont été touchées par les pillages. Les ports sont fermés depuis dix jours, les exportations n’arrivent plus», explique le ministre socialiste.
«Le gouvernement a exprimé son inquiétude d’une pénurie alimentaire (…). Il sait que sans rétablissement de la sécurité, il ne pourra pas réorganiser le pays», a déclaré mardi le chef de la mission européenne, le diplomate néerlandais Jan d’Ansembourg, qui poursuivait mardi ses consultations avec les principaux ministres albanais.
Selon le vice-ministre de l’Economie, Sherefedin Shehu, l’Albanie a besoin d’une aide minimum de 300 millions de dollars pour passer le cap des six prochains mois et stopper la dérive du déficit budgétaire et stabiliser la balance de paiements.
Les pressions pour contraindre le président Sali Berisha à la démission se sont encore accentuées au cours des dernières vingt-quatre heures.
Le ministre grec des Affaires étrangères, Théodoros Pangalos, a estimé qu’un départ du président serait la «solution la plus simple» pour résoudre la crise actuelle, tandis que les «rebelles» du sud ont lancé un ultimatum, menaçant de marcher sur Tirana si Berisha se maintient au pouvoir après le 20 mars.
«Un foyer
d’infection»
Cette exigence de démission «sans conditions» d’ici au 20 mars du président albanais a été formulée à nouveau mardi à Saranda (sud) par Xhevat Koçiu, qui dirige le «comité national de salut public», réunissant les villes insurgées du sud, devant des journalistes.
Le premier ministre Bashkim Fino a indiqué à la télévision qu’il pourrait se rendre dans «toutes les villes du sud de l’Albanie afin de discuter avec les insurgés du sud» mais ses services n’étaient pas en mesure de confirmer un tel déplacement mardi.
L’ultimatum des rebelles n’est pas pris très au sérieux à Tirana mais il oblige les partis politiques à poser une nouvelle fois la question du départ du président.
«Berisha est un foyer d’infection. Il contrôle toujours la police secrète», a déclaré Arben Dmeti, un responsable du Parti démocratique (le parti de M. Berisha).
Les partis d’opposition étudient actuellement une formule qui permettrait de remplacer le président par une «personnalité indépendante» ou un «conseil présidentiel», selon des sources concordantes.
Le président Berisha s’est refusé jusqu’à présent à démissionner, arguant qu’il avait respecté le pacte de «réconciliation nationale» conclu le 9 mars dernier avec l’ensemble des partis qui prévoyaient notamment la formation d’un gouvernement d’union nationale et des élections anticipées au plus tard en juin prochain.

