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Actualités - Chronologie

Un chef charismatique devenu impopulaire (photo)

TIRANA, 17 Mars (AFP). – Le président albanais Sali Berisha, 52 ans, qui a exclu de démissionner et de quitter son pays, a mis fin à 45 ans de communisme dans ce pays mais a échoué au test de la démocratie dont il se réclame.
Réélu président de la République au lendemain de l’instauration de l’état d’urgence en Albanie, il vient de nommer un premier ministre issu de l’opposition, Baskhim Fino, et d’accepter la formation d’un gouvernement d’union nationale censé mettre fin à la crise qui ébranle le pays depuis huit semaines.
Si M. Berisha a réaffirmé sa détermination à rester en Albanie, ses deux enfants se sont en revanche réfugiés jeudi en Italie.
En décembre 1990, ce cardiologue a su transformer une révolte étudiante en un mouvement de contestation général qui a ébranlé le régime communiste et abouti à l’introduction du multipartisme.
Sali Berisha prendra la tête de l’opposition, avant d’être élu, par le Parlement, premier président non communiste de l’Albanie, le 9 mars 1992. Il fera alors l’objet d’une véritable vénération au sein d’une bonne partie de la population, qui chantera ses mérites sur des airs populaires.
Né dans une famille musulmane de paysans à Tropoje, dans les montagnes du nord du pays, le président n’est pas handicapé par son passé communiste, ayant été simple membre du parti jusqu’à ce qu’il rende sa carte fin 1990.
«J’ai commencé à m’opposer au régime parce que je me suis senti coresponsable de la dictature. J’ai menti au lieu de dire la vérité», dira-t-il après sa première élection.
Dès 1992, M. Berisha lance un appel à la communauté internationale pour aider à la reconstruction de son pays. Les liens qu’il établira avec l’Occident et surtout les Etats-Unis effaceront progressivement le souvenir des décennies d’isolationnisme imposé par le régime communiste.
Cette ouverture au monde constituera son principal atout. Mais le Parti socialiste (ex-communiste) cherche à exploiter le mécontentement populaire croissant, les réformes économiques, notamment la privatisation, n’ayant pas donné les résultats escomptés.

Génocide

L’Albanie sera en 1994 parmi les premiers pays ex-communistes à adhérer au Partenariat pour la paix de l’OTAN. L’année suivante, elle sera admise au sein du Conseil de l’Europe.
Les tensions entre Tirana et Athènes, qui s’articulent autour de l’importante minorité grecque vivant en Albanie, vont s’apaiser avec la signature en 1996 d’un Traité d’amitié et de coopération.
L’Albanie améliorera aussi ses relations avec la Macédoine où vit une importante minorité albanaise (25% de la population environ).
Avec Belgrade, les relations seront chroniquement tendues en raison du Kosovo, province du sud de la Serbie à population majoritairement albanaise qui réclame l’indépendance.
Le président se dira hostile à une chasse aux sorcières contre les anciens responsables communistes.
Il ne pourra s’empêcher toutefois de faire juger pour «génocide» plusieurs dizaines d’anciens hauts responsables communistes, qui seront condamnés en 1996 à des peines allant de 15 ans de prison à la détention à perpétuité. Ramiz Alia, 71 ans, dernier président communiste, est jugé depuis le 18 février pour le même motif.
Une crise de confiance entre l’Albanie et l’Europe éclatera en mai 1996 lorsque les élections législatives seront marquées par des violences et des irrégularités confirmées par l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).
Les principaux partis de l’opposition, Parti socialiste (ex-communiste) en tête, boycotteront le scrutin et le Conseil de l’Europe menace l’Albanie de la suspendre de l’Assemblée parlementaire.
Sali Berisha ne parviendra jamais à établir un dialogue avec l’opposition, qui réclame sa démission, le traitant de «dictateur».
La faillite des sociétés d’épargne spéculatives, qui a ruiné des dizaines de milliers de familles, plongera le pays dans le chaos et la violence, faisant au moins 17 morts depuis la mi-janvier, contraignant le Parlement, dominé par le parti au pouvoir, à décréter l’état d’urgence.
TIRANA, 17 Mars (AFP). – Le président albanais Sali Berisha, 52 ans, qui a exclu de démissionner et de quitter son pays, a mis fin à 45 ans de communisme dans ce pays mais a échoué au test de la démocratie dont il se réclame.Réélu président de la République au lendemain de l’instauration de l’état d’urgence en Albanie, il vient de nommer un premier ministre issu de l’opposition, Baskhim Fino, et d’accepter la formation d’un gouvernement d’union nationale censé mettre fin à la crise qui ébranle le pays depuis huit semaines.Si M. Berisha a réaffirmé sa détermination à rester en Albanie, ses deux enfants se sont en revanche réfugiés jeudi en Italie.En décembre 1990, ce cardiologue a su transformer une révolte étudiante en un mouvement de contestation général qui a ébranlé le régime communiste et...