Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Mar Tejadas : l'âge d'or de l'orgue (photo)

Invitée par l’Institut Cervantes, Mar Tejadas a donné un brillant concert d’orgue à l’Assembly Hall (A.U.B). Des partitions des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles, Merula, Cabezon, Weckmann, Frescobaldi, Couperin, et J.S. Bach.
Née en 1966 à Saragosse, Mar Tejadas obtient à 14 ans la place d’organiste titulaire de l’église de San Lorenzo. Elle fonde en 1989 le groupe «Scordature» de musique ancienne et collabore par ailleurs avec l’Orchestre de Madrid, l’Orchestre national d’Espagne, l’Orchestre baroque de l’Université de Salamanque et l’Orchestre baroque de Seville.

Une carrière jalonnée de succès, un répertoire qui s’étend de la Renaissance à la musique contemporaine. Pour son récital beyrouthin, elle a concocté un menu différent des «orgues qui tonnent» habituelles. Elle a réservé son talent, sa technicité et son inspiration à des œuvres peu connues du grand public et qui illustrent avec éclat trois grands siècles alliant baroque et rigueur classique.

Accents subtils d’une «toccata» jamais déchaînée, jaillie d’un autre temps comme des voiles au bout d’un hennin, ce temps d’une cour au protocole un peu guindée qu’exprime Merula (1565 - 1665) dont la narration est d’une insaisissable délicatesse.
Dans la même écriture empreinte de finesse, Cabezon (1510 - 1566) développe une musique sobre, élégante, d’une soyeuse douceur.
Mélodieuse, chantante, d’une écriture raffinée avec quelques pointes d’originalité est la partition de Weckmann (1621 - 1674) intitulée «Canzon».
Retour à Cabezon pour une «Gaillarde milanaise» pleine d’entrain.
Et pour finir la première partie de ce programme, on débarque avec Girolama Frescobaldi en Italie pour écouter une «toccata» aux sonorités délicates marquée par un souffle de renouveau. Après l’entracte, place au plus éminent compositeur français de l’époque François Couperin. Musique «savante», ordonnée, avec toutefois quelques grains de fantaisie et de panache pour la plus sophistiquée des cours d’Europe. Cinq pièces alliant l’esprit religieux à un certain badinage. Fraîche ou grave, mais jamais superficielle, cette musique élégante offre cependant un évident maniérisme.
Avec J.S. Bach le ton est à la solennité, la prière, l’élévation. Surtout cette puissante, majestueuse hyper-célèbre «toccata», en ré mineur où resplendit toute l’atmosphère humaniste d’une période oscillant entre l’austérité classique et les flamboiements de la renaissance.
Mais avec J.S. Bach, outre la maîtrise technique innovatrice, il y a toujours en filigrane, comme une prière murmurée, les confidences voilées d’un fervent chrétien. Bonheur bien rendu par Mar Tejadas qui a offert au public un moment de grâce et la révélation de partitions pleines d’une délicate sensibilité.

Edgar DAVIDIAN
Invitée par l’Institut Cervantes, Mar Tejadas a donné un brillant concert d’orgue à l’Assembly Hall (A.U.B). Des partitions des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles, Merula, Cabezon, Weckmann, Frescobaldi, Couperin, et J.S. Bach.Née en 1966 à Saragosse, Mar Tejadas obtient à 14 ans la place d’organiste titulaire de l’église de San Lorenzo. Elle fonde en 1989 le groupe «Scordature» de musique ancienne et collabore par ailleurs avec l’Orchestre de Madrid, l’Orchestre national d’Espagne, l’Orchestre baroque de l’Université de Salamanque et l’Orchestre baroque de Seville.Une carrière jalonnée de succès, un répertoire qui s’étend de la Renaissance à la musique contemporaine. Pour son récital beyrouthin, elle a concocté un menu différent des «orgues qui tonnent» habituelles. Elle a réservé son talent,...