«Si les Palestiniens ont recours à la violence, Yasser Arafat ne pourra pas continuer à séjourner dans sa villa en bord de mer avec Souha (son épouse), tout en ordonnant des opérations», a déclaré le ministre de la Justice Tzahi Hanegbi.
Les propos du ministre de la Justice, qui s’exprimait samedi soir lors d’un meeting du Likoud à Or Yéhouda, près de Tel-Aviv, ont été rapportés dimanche par la radio israélienne.
«Personne ne jouit de l’immunité. Ni lui, ni “l’Ingénieur”», a-t-il ajouté, dans une allusion au Palestinien Yéhya Ayache, responsable de nombreux attentats meurtriers anti-israéliens, qui a été assassiné en 1995 par des agents secrets israéliens présumés.
«S’il y a la guerre, ce sera la guerre jusqu’au bout. Celui qui transporte une valise bourrée d’armes doit savoir qu’il risque fort de devoir très rapidement faire ses valises et de se retrouver sur les chemins de l’exil, vers Bagdad ou Tunis, comme il le fit durant de très longues années», a-t-il dit.
Les propos de M. Hanegbi, considéré comme un protégé du premier ministre Benjamin Netanyahu, ont été rapidement condamnés par les Palestiniens et critiqués par les Israéliens.
«C’est une effronterie inacceptale», a estimé le ministre palestinien de la Justice, Freih Abou Meddeine. Il a qualifié M. Hanegbi d’«homme perdu», rappelant qu’il était interrogé par la police sur un scandale politico-judiciaire.
«Cette direction israélienne n’est ni honnête ni sincère, et ce ministre a grandi dans la haine», a déclaré M. Meddeine.
Le ministre palestinien a ajouté avoir annulé une rencontre prévue dimanche avec son homologue israélien, qui devait lui remettre une liste de 30 militants palestiniens dont Israël réclame l’extradition des zones autonomes pour les poursuivre en justice.
Il a précisé que l’annulation de cette rencontre avait été décidée dans le cadre de la suspension des contacts à haut niveau avec Israël annoncée par les autorités palestiniennes à la suite du refus israélien de renoncer à la construction d’un quartier juif dans le secteur oriental annexé de Jérusalem.
M. Ahmed Tibi, conseiller arabe israélien de M. Arafat, a exigé à la radio que le premier ministre Benjamin Netanyahu désavoue publiquement les propos de M. Hanegbi.
Pour sa part, le chef de la diplomatie israélienne David Lévy a condamné les propos de M. Hanegbi. «Je conseille à mes amis d’éviter ce style, car nous voulons poursuivre le processus de paix», a-t-il déclaré à la radio israélienne.
Samedi, des ministres israéliens avaient mis en garde les Palestiniens contre toute réaction violente au début des travaux de construction du nouveau quartier juif à Jérusalem-Est.
«Si les Arabes veulent l’escalade, nous avons les moyens de réagir», a déclaré le ministre de la Sécurité intérieure Avigdor Kahalani à la radio militaire israélienne.
«Les Arabes ne doivent pas se faire d’illusions: les appartements du quartier de Har Homa vont être construits», a ajouté M. Kahalani. Il a toutefois affirmé que le gouvernement israélien avait décidé de construire le même nombre d’appartements aux Palestiniens de Jérusalem-Est.
Le gouvernement israélien a entériné vendredi la décision d’entamer lundi ou mardi les travaux de construction du quartier juif, appelé Har Homa, sur la colline de Jebel Abou Ghneim, dans le sud-est de la Ville sainte.
Les responsables israéliens de la sécurité ont mis en garde le cabinet contre d’éventuelles réactions violentes de la part des Palestiniens qui ambitionnent de faire de Jérusalem-Est, annexée par l’Etat hébreu, la capitale d’un futur Etat.
Selon M. Kahalani, tous les ministres ont entériné la décision de mettre en chantier Har Homa.
«Peut-être, peut-être, peut-être il serait préférable de traiter avec les menaces immédiatement, de mettre tous les problèmes sur la table», a ajouté le ministre.
Pour sa part, le ministre des Télécommunications, Mme Limor Livnat, a déclaré à la radio que tous les Israéliens insistent sur l’indivisibilité de Jérusalem.
«Il est possible qu’il y ait des actes de violence en réaction à la construction» du quartier de Har Homa, a-t-elle dit, ajoutant que M. Arafat avait montré qu’il pourrait vouloir l’escalade en ordonnant la libération récente d’un activiste du Mouvement de la résistance islamique (Hamas).
«Le gouvernement doit décider où nous allons. Sommes-nous prêts à céder, à nous plier ou à nous mettre à genoux chaque fois que nous voulons construire dans notre pays», s’est-elle interrogée.

