Quatre mois après son installation dans la ville, capitale du Nord-Kivu (est), «l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo» a imprimé du papier à en-tête et fait fabriquer des cachets à l’effigie de la nouvelle république, reconnue par aucun pays.
Les combats continuent plus à l’ouest, mais le front s’éloigne de Goma et les nouvelles autorités affichent confiance et détermination. Dans le centre-ville, un bâtiment est devenu pour les habitants le «bureau de l’Alliance».
On peut lire sur toute la largeur de la façade, en lettres fraîchement peintes, «République démocratique du Congo, Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo, Commissariat général à l’information, presse, communication et propagande».
Là, tout journaliste nouvellement arrivé doit obtenir un «laissez-passer presse» valable un mois, qui coûte 20 dollars et autorise à se rendre en «territoires libérés».
Avant cela, le visiteur doit acheter un visa à son arrivée au poste-frontière, depuis la ville rwandaise de Gisenyi, moyennant 60 dollars. Il laisse son passeport au service d’immigration, qui lui remet en échange un «jeton tenant lieu de passeport».
S’il a un téléphone par satellite, nécessaire dans cet ex-Zaire où aucune ligne téléphonique n’a fonctionné depuis très longtemps, le reporter doit aussi s’acquitter d’un «droit d’exploitation» de 500 dollars.
Cette nouvelle taxe, que des esprits critiques assimilent à une «contribution à l’effort de guerre», est appliquée depuis lundi.
«Ce sont les chefs qui ont décidé», lancent sans autre explication les officiers d’immigration, par ailleurs très accueillants et fiers de vivre dans une jeune et dynamique république.
Au bureau de l’Alliance, on peut aussi acheter un calendrier 1997, marqué au drapeau de la nouvelle «république», qui étend son territoire de jour en jour vers l’ouest, au fil des victoires de l’armée de libération de «l’ex-Zaire».


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