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Actualités - Reportage

La production alimentaire africaine reste insuffisante

NAIROBI, 5 Mars (AFP). —La production de céréales atteint des niveaux record en Afrique sub-saharienne, mais la sécheresse, la guerre et les maladies privent de nourriture des millions d’habitants dans 16 pays, affirme l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), dans un rapport publié mercredi.
Dans ce rapport, la FAO exhorte les pays donateurs et les agences humanitaires à garantir des distributions rapides de nourriture dans l’est du Zaïre, à poursuivre l’aide d’urgence pour les réfugiés rentrés dans leur pays, et pour les personnes déplacées, au Rwanda, au Burundi, au Liberia et en Sierra Leone.
La FAO réclame également une aide d’urgence pour endiguer la propagation de la peste bovine en Afrique de l’Est, ainsi que l’assistance aux populations touchées par la sécheresse au Kenya, en Erythrée et en Ethiopie.
Qualifiant de «désespérée» la situation alimentaire dans l’est du Zaïre, le rapport estime que «tout ce qui est possible doit être fait le plus rapidement» afin d’aider les réfugiés rwandais et burundais hutus, chassés par les combats entre les rebelles et les troupes gouvernementales.
«Une épidémie de peste bovine, maladie très infectieuse qui touche le bétail et la faune sauvage, traverse actuellement la frontière kenyane et gagne la Tanzanie, ce qui pourrait avoir des conséquences désastreuses dans la sous-région d’Afrique orientale et australe», affirme la FAO dans son rapport.
«Cette épidémie, considérée comme la pire survenue en Afrique depuis 15 ans, intervient alors que plusieurs régions d’Afrique de l’Est subissent les effets d’une grave sécheresse», souligne le texte.
Néanmoins, selon le rapport, «les dernières informations disponibles sur la production de céréales dans la région (en Afrique sub-saharienne) en 1996 font état d’un volume record de 90 millions de tonnes, soit quelque 14 millions de tonnes de plus que l’année précédente».
Dans son rapport, la FAO détaille la situation qui prévaut dans chacun des 16 pays, touchés par la sécheresse, la guerre ou les maladies.
Au Rwanda, la production de haricots, nourriture de base, a baissé de 12%. En raison de cette chute des récoltes, associée au retour massif de réfugiés, 2,6 millions de personnes, soit le tiers de la population, dépendent pour leur nourriture des agences humanitaires.
Au Zaïre, «des centaines de milliers de réfugiés et la population locale continuent de fuir les combats et leur situation alimentaire et sanitaire est précaire».

Récolte limitée

Au Burundi, «la distribution d’aide humanitaire est gênée par l’insécurité et par la pénurie de carburant due à l’embargo économique imposé par les pays voisins». La malnutrition augmente parmi les réfugiés rentrés dans leur pays et les personnes déplacées.
En Ouganda, «la persistance de luttes civiles dans les régions du Nord a entraîné le déplacement d’un grand nombre d’agriculteurs (…) Les prix de la nourriture ont plus que doublé dans la région (…) La malnutrition est en train de s’étendre».
En Tanzanie, «on prévoit une récolte limitée pour 1996-97 (…) en raison des faibles pluies. Selon de premières estimations, environ 400.000 personnes feront face à de sérieuses difficultés alimentaires d’ici la prochaine moisson en mai».
En Ethiopie, «malgré une croissance générale de 20% de la production de céréales et de légumes secs en 1996, quelque 1,9 million de personnes auront besoin d’aide alimentaire».
Au Soudan, la production de céréales a cru de 50%, permettant la constitution d’excédents disponibles à l’exportation. Mais des problèmes subsistent, notamment la faiblesse des pluies et l’insécurité due à la guerre civile qui sévit dans le pays.
En Erythrée, les récoltes ont été réduites par la sécheresse. «On a estimé que la production serait plus faible que le bas niveau de l’année dernière, bien en dessous de la moyenne».
Au Kenya, les problèmes viennent de l’absence des pluies d’intersaisons, les pâturages sont en mauvais état et le manque d’eau est un problème majeur. «Le gouvernement estime qu’environ 2 millions de personnes sont concernées par la sécheresse».
En Somalie, la seconde récolte est en baisse de 60% en raison de l’insuffisance des pluies.
Au Liberia, «malgré le début du processus de paix, des combats sporadiques handicapent l’activité agricole». Environ 30% des Libériens, réfugiés dans les pays voisins, pourraient rentrer chez eux, affirme la FAO.
En Sierra Leone, «la production alimentaire remonte lentement après la guerre civile (…) Mais le pays dépend encore beaucoup de l’aide alimentaire».
Au Tchad et en Mauritanie, la production est en dessous du niveau normal pour des raisons climatiques. Les prix sont élevés et montent sensiblement.
En Angola, les prévisions de récolte sont bonnes, les déplacements de population ont créé une situation d’urgence et les sauterelles sont une menace sérieuse.
Au Mozambique, depuis décembre, les précipitations de la saison des pluies n’ont pas atteint leur niveau normal. Les sauterelles menacent les récoltes et gagnent le Botswana, le Malawi, l’Afrique du Sud, la Zambie et le Zimbabwe.
NAIROBI, 5 Mars (AFP). —La production de céréales atteint des niveaux record en Afrique sub-saharienne, mais la sécheresse, la guerre et les maladies privent de nourriture des millions d’habitants dans 16 pays, affirme l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), dans un rapport publié mercredi.Dans ce rapport, la FAO exhorte les pays donateurs et les agences humanitaires à garantir des distributions rapides de nourriture dans l’est du Zaïre, à poursuivre l’aide d’urgence pour les réfugiés rentrés dans leur pays, et pour les personnes déplacées, au Rwanda, au Burundi, au Liberia et en Sierra Leone.La FAO réclame également une aide d’urgence pour endiguer la propagation de la peste bovine en Afrique de l’Est, ainsi que l’assistance aux populations touchées par la...