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Actualités - Chronologie

Saranda, ville ordinaire en révolte

SARANDA (Albanie), 5 Mars (AFP). — Les habitants de Saranda, une petite station balnéaire du sud de l’Albanie en rébellion contre le régime du président Sali Berisha, ont marqué à leur façon la réélection de ce dernier en exigeant de leur maire qu’il envoie à Tirana ce message: «Président va-t-en».
Pendant plus de deux heures, une quarantaine d’habitants de Saranda, délégués par plusieurs centaines d’autres massés devant l’hôtel de ville, ont «tout déballé» au maire Carajev Zera, 40 ans, proche du Parti démocratique (PD) de Sali Berisha.
Le maire, blême, la chemise tachée de sang, portant une blessure à la tête après avoir été malmené par les manifestants, leur a répété qu’il représentait «l’autorité» et qu’ils étaient «dans l’illégalité».
Dehors, à quelques mètres, les carcasses calcinées d’une dizaine de véhicules de police témoignent de la détermination qui animait les habitants de Saranda lorsqu’ils ont incendié samedi matin le commissariat de police, le tribunal et le siège de la SHIK (service de renseignement intérieur albanais), considérée par les opposants comme l’héritière de la Sigurimi du dictateur communiste Enver Hoxha.
«Les policiers nous ont laissé pénétrer dans le commissariat, nous ont laissé tout prendre, tant ils étaient terrorisés, et sont partis ensuite», raconte Arder Labi, 32 ans, enseignant. «Les manifestants ont pris armes automatiques et munitions, le plus possible», ajoute-t-il.
Depuis, la ville résonne à intervalles réguliers de salves de fusils d’assaut Kalachnikov et de pistolets mitrailleurs. Partout des jeunes, parfois des adolescents, la tête entourée d’un bandeau blanc, sont postés sur les toits et tirent en l’air en se répondant comme s’il s’agissait d’un jeu.
«Nous voulons qu’il parte, c’est la seule solution», affirme encore Arder Labi en se mettant en colère contre le président albanais. Il récuse violemment les accusations de «terrorisme» portées par les médias albanais contre les groupes qui ont depuis 48 heures incendié des bâtiments officiels dans tout le sud de l’Albanie.
Pour lui, «c’est Berisha qui veut exploiter la situation en créant un conflit» entre le sud, d’un côté, et le nord, d’où est originaire le président albanais, de l’autre. Il assure que Saranda a toujours été contre Sali Berisha.
SARANDA (Albanie), 5 Mars (AFP). — Les habitants de Saranda, une petite station balnéaire du sud de l’Albanie en rébellion contre le régime du président Sali Berisha, ont marqué à leur façon la réélection de ce dernier en exigeant de leur maire qu’il envoie à Tirana ce message: «Président va-t-en».Pendant plus de deux heures, une quarantaine d’habitants de Saranda, délégués par plusieurs centaines d’autres massés devant l’hôtel de ville, ont «tout déballé» au maire Carajev Zera, 40 ans, proche du Parti démocratique (PD) de Sali Berisha.Le maire, blême, la chemise tachée de sang, portant une blessure à la tête après avoir été malmené par les manifestants, leur a répété qu’il représentait «l’autorité» et qu’ils étaient «dans l’illégalité».Dehors, à quelques mètres, les...