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Actualités - Chronologie

Zaire : des dizaines de milliers de réfugiés fuient l'avancée des rebelles

KISANGANI (Zaïre), 4 Mars (AFP). — Des dizaines de milliers de réfugiés hutus des camps de Tingi-Tingi fuient l’avancée des rebelles et convergeaient vers la ville d’Ubundu, à environ 150km au sud de Kisangani.
A Goma, les rebelles tutsis menés par Laurent Dséiré Kabila ont à nouveau exigé le départ du président zaïrois Mobutu Sese Seko avant d’accepter un cessez-le-feu.
Les rares témoins qui ont survolé Tingi-Tingi ont pu constater que les deux sites qui abritaient 160.000 réfugiés, essentiellement rwandais mais aussi burundais, étaient déserts. Aucune présence militaire n’a été constatée dans cette zone, ont affirmé ces témoins.
Les réfugiés avaient commencé à fuir vendredi dernier en raison de l’avancée des rebelles à majorité tutsis.
Des témoins zaïrois ont aperçu des dizaines de milliers de réfugiés sur la piste qui relie Lubutu à Ubundu, dans l’est du Zaïre.
Des sources occidentales à Kinshasa avaient également indiqué que de nombreux réfugiés quittaient l’axe principal Lubutu-Kisangani pour bifurquer vers Ubundu, un peu plus à l’ouest, dans l’espoir d’échapper aux rebelles dont l’objectif avoué est la prise de Kisangani.
Mais des routiers zaïrois ont affirmé avoir vu des colonnes de milliers de réfugiés marchant vers Kisangani. La majorité des réfugiés semblent donc avoir décidé de rester sur la grande route et de rejoindre Ubundu par une autre piste dont l’embranchement se situe à 100 kilomètres de Kisangani.
Ubundu, située sur le fleuve Zaïre, est reliée à Kisangani par un chemin de fer. Dans le cas où les réfugiés s’installeraient dans cette ville, si les rebelles ne les poursuivent pas jusque-là, l’aide humanitaire serait alors assez facile à acheminer, estime l’organisation catholique Caritas.
Cette organisation est la seule encore présente à Kisangani après le départ, samedi, des agences de l’ONU et de toutes les autres humanitaires, pour des raisons de sécurité.

Mobutu toujours à Nice

Les pillages tant redoutés par la population après le départ des humanitaires et les informations sur la progression des rebelles ont été évités de justesse.
La 41e brigade des Forces armées zaïroises (FAZ) et les mercenaires ont réussi à tuer dans l’œuf les projets de pillage d’éléments de la garde civile et de troupes ayant déserté les fronts de l’est, selon des sources militaires.
D’autre part, au moins deux cents militaires zaïrois et soldats hutus des ex-Forces armées rwandaises (FAR) blessés, qui combattaient les rebelles dans la région de Lubutu, ont été transportés à Kisangani pour y être soignés, a-t-on appris de source bien informée.
Profitant de leur avantage militaire, les rebelles qui s’apprêtent à assiéger Kisangani, dernier bastion dans la région encore aux mains des troupes gouvernementales, restent intransigeants vis-à-vis de Kinshasa.
«Nous exigeons la négociation directe avec Mobutu pour organiser son départ afin de laisser la gestion du pays à des hommes intègres», a déclaré lundi à Goma l’un des porte-parole de la rébellion, Gilles Ingala Gwamona.
Le président Mobutu est actuellement à Nice (sud-est de la France), où il a décidé de prolonger son séjour et de ne pas regagner son pays «avant le milieu de la semaine prochaine», a déclaré un membre de son entourage.
M. Gwamona, membre de la délégation de la rébellion qui a participé à des pourparlers en Afrique du Sud, a indiqué que «la suspension des hostilités ne pourra intervenir qu’après» le départ du maréchal Mobutu, puis sera suivie «par ( la constitution d’)un gouvernement de transition afin de gérer le pays pendant 12 mois».
Enfin, dit-il, «des élections libres et démocratiques seront organisées en présence d’observateurs internationaux».
A Prétoria, un officiel sud-africain qui a requis l’anonymat a déclaré que la rébellion était prête à continuer les discussions de paix, après la participation, la semaine dernière, de Laurent Désiré Kabila à des entretiens avec des négociateurs américains et sud-africains.
Le ministre zaïrois des Affaires étrangères, Gérard Kamanda Wa Kamanda, doit être reçu par le directeur des affaires africaines et malgaches du ministère français des Affaires étrangères, Jean-Didier Roisin, a annoncé le Quai d’Orsay.
Le chef de la diplomatie zaïroise sera également reçu par des responsables de la cellule africaine de la présidence française, pour discuter de «la situation au Zaïre» où la rébellion, cinq mois après le début du conflit, ne cesse de gagner du terrain et de marquer des points, tant sur le plan militaire que diplomatique.
KISANGANI (Zaïre), 4 Mars (AFP). — Des dizaines de milliers de réfugiés hutus des camps de Tingi-Tingi fuient l’avancée des rebelles et convergeaient vers la ville d’Ubundu, à environ 150km au sud de Kisangani.A Goma, les rebelles tutsis menés par Laurent Dséiré Kabila ont à nouveau exigé le départ du président zaïrois Mobutu Sese Seko avant d’accepter un cessez-le-feu.Les rares témoins qui ont survolé Tingi-Tingi ont pu constater que les deux sites qui abritaient 160.000 réfugiés, essentiellement rwandais mais aussi burundais, étaient déserts. Aucune présence militaire n’a été constatée dans cette zone, ont affirmé ces témoins.Les réfugiés avaient commencé à fuir vendredi dernier en raison de l’avancée des rebelles à majorité tutsis.Des témoins zaïrois ont aperçu des dizaines de milliers de...