Gordon Brown, porte-parole économique du Labour, a déclaré mercredi que les taux d’intérêt resteraient du ressort du Chancelier de l’Echiquier.
Mais ce dernier devrait tenir compte, pour prendre ses décisions, des conseils du comité monétaire de la Banque d’Angleterre, ainsi que d’un nouveau Comité de conseillers économiques, a souligné Gordon Brown à la radio BBC.
«Je ne proposerai pas une indépendance opérationnelle de la Banque d’Angleterre. Ce que je dis est que nous avons besoin d’un processus de détermination des taux d’intérêt qui puisse s’affranchir des considérations à court terme», a-t-il ajouté.
D’après son entourage, Gordon Brown s’inquiète de plus en plus des mauvaises relations personnelles entre le Chancelier de l’Echiquier, Kenneth Clarke, et le gouverneur de la Banque d’Angleterre, Eddie George.
Leur rencontre mensuelle consacrée à l’évolution des taux d’intérêt tournerait parfois à la confrontation.
Gordon Brown a estimé que la politique monétaire devait être libérée de toute manipulation politique et des soupçons selon lesquels elle servirait les intérêts des partis.
Le nouveau conseil de la politique monétaire comprendrait le gouverneur, le vice-gouverneur et deux directeurs généraux de la banque centrale, ainsi que trois ou quatre personnalités extérieures. La Banque d’Angleterre et Gordon Brown, d’après les conseillers de ce dernier, se seraient mis d’accord sur ce point lors de conversations privées.
Le Comité des conseillers économiques, ainsi nommé d’après le groupe d’économistes qui conseillent le président américain, remplacerait le comité des sages, créé pour conseiller le chancelier après la sortie de la livre sterling du Mécanisme de change européen (MCE), en septembre 1992.
Gordon Brown s’est refusé à préciser son objectif en matière d’inflation, mais a déclaré qu’il viserait au minimum à maintenir l’inflation sous la barre des 2,5%, l’objectif poursuivi par Kenneth Clarke.
Accueil sceptique
Les économistes ont accueilli avec un certain scepticisme les déclarations de Gordon Brown, estimant notamment que les propositions de ce dernier n’allaient pas assez loin.
«Si l’on en croit M. Brown, (ses propositions) vont dépolitiser la politique (de taux) et la protéger de toute considération à court terme. De qui se moque-t-il?», a déclaré David Coleman, économiste chez CIBC Wood Gundy.
Simon Briscoe, de Nikko Europe, a estimé que le tête-à-tête mensuel entre le Chancelier de l’Echiquier et le gouverneur de la Banque, loin d’être une faiblesse du système, constituait au contraire l’un de ses atouts.
Parlant de «tension créatrice» entre les deux hommes, Briscoe a jugé que «nous avons désormais un débat ouvert et généralement constructif au sujet de la politique (de taux)».
«C’est le cadre actuel qui a permis une telle chose», a-t-il ajouté.


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