Dans un rapport d’une trentaine de pages rendu public, l’administration souligne la «possibilité historique» existant à l’heure actuelle pour ouvrir l’Alliance atlantique à de nouveaux membres, mais se garde bien d’indiquer qui seront les premiers élus.
Ce rapport intervient moins de cinq mois avant le sommet de l’organisation militaire occidentale, début juillet à Madrid, au cours duquel seront annoncés officiellement les noms des pays invités à rejoindre l’OTAN.
La Pologne, la Hongrie et la République tchèque sont considérées généralement comme les pays les mieux placés.
Le rapport de l’administration correspond aussi à la volonté affichée par le président Clinton dès le début de son deuxième mandat de travailler dans un esprit «bi-partisan» avec les républicains qui sont majoritaires au Congrès.
Le document officiel rappelle que l’entrée de nouveaux membres dans l’OTAN nécessitera la ratification du Sénat et que l’accord des deux Chambres du Congrès sera indispensable pour allouer les sommes destinées à cette entreprise.
Chiffres «réalistes»
Le rapport évalue à cet égard de 27 à 35 milliards de dollars le coût de l’élargissement de l’OTAN d’ici à 2.009.
Le secrétaire d’Etat adjoint pour les affaires européennes et canadiennes, John Kornblum, a assuré devant la presse que ces chiffres étaient «très réalistes», tout en admettant qu’il s’agissait d’une estimation établie sur l’hypothèse de la poursuite, ces prochaines années, d’un environnement international dépourvu de «menace forte et avérée».
Le responsable américain a rappelé que le centre d’analyses et de recherches Rand, en Californie, était parvenu à un chiffre proche de 42 milliards de dollars.
Selon John Kornblum, les chiffres beaucoup plus considérables avancés récemment par le bureau du Congrès pour les questions budgétaires, 100 à 120 milliards de dollars, s’expliquent par le fait qu’ils ont été établis sur l’hypothèse d’un environnement de «forte hostilité» à l’égard de l’OTAN, impliquant des «préparatifs de défense semblables à ceux que nous avons vus en Allemagne de l’Ouest tout le long de la guerre froide».
Pour le secrétaire adjoint à la Défense chargé des questions de stratégie, Ted Warner, l’OTAN sera en mesure de mettre à la disposition des nouveaux membres «une défense commune et une défense collective» d’un «niveau substantiel», à savoir une force de réaction rapide comprenant quatre divisions et six escadres.
Signes encourageants
Le rapport retient l’année 2.009 comme celle où les nouveaux membres de l’organisation pourraient avoir atteint une «capacité mûre» en matière de défense. Il leur faudra pour cela «restructurer et moderniser» leurs forces, tout en continuant «d’augmenter leur capacité à opérer avec d’autres forces de l’OTAN dans leurs propres pays et ailleurs».
Ce niveau de «capacité mûre» permettra de «créer des fondements plus solides pour un autre élargissement à l’avenir».
«Si nous manquons cette possibilité historique d’aider à l’intégration, la consolidation et la stabilisation de l’Europe centrale et orientale, nous risquerions de payer un prix beaucoup plus élevé plus tard», poursuit le document en assurant que l’élargissement de l’OTAN peut «servir les intérêts à long terme en matière de sécurité de la Russie en renforçant sa stabilité à l’Ouest».
Interrogé sur la visite en fin de semaine dernière du secrétaire d’Etat Madeleine Albright à Moscou, où elle a tenté d’apaiser les craintes russes devant l’élargissement de l’Alliance atlantique, John Kornblum a déclaré qu’il y avait eu des «signes encourageants» à ce sujet «et nous avons l’intention d’y travailler dur».

