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Actualités - Chronologie

Sortis de l'enfer pour aller nulle part

PUNIA (Zaïre), 26 Février (AFP). – Les centaines de milliers de réfugiés rwandais hutus rescapés de l’enfer zaïrois se sentent de plus en plus menacés par le rouleau compresseur de la rébellion tutsie.
La petite ville de Punia ne devait être qu’un camp de transit pour les réfugiés rwandais fuyant les combats de l’est du Zaïre et les rebelles de Laurent-Désiré Kabila.
Cette clairière au milieu de la jungle, à 300 kilomètres au sud-est de Kisangani, en accueille aujourd’hui 4.500. Environ 150 l’atteignent chaque jour et beaucoup ne veulent pas aller plus loin.
«Aller où? Les rebelles sont partout», lance Dativa, 27 ans, qui a quitté le Rwanda en 1994 alors que les Tutsis prenaient une revanche sanglante sur les «génocideurs» hutus.
Evacuant les camps du Kivu à chaque avancée des rebelles zaïrois, en majorité tutsis et soutenus par les nouveaux maîtres du Rwanda, Dativa est arrivée à Punia après avoir marché trois mois dans la forêt. Près de 500 kilomètres. En cours de route, son mari a été tué lors d’une attaque des rebelles. Il y a quelques jours, son bébé de cinq mois est mort de malnutrition. Un épisode somme toute banal de la tragédie rwandaise.
Cette fois, Dativa a décidé de rester, espérant sauver son autre enfant.
«De moins en moins de réfugiés veulent partir», déclare Félicien, un étudiant zaïrois qui s’occupe de l’enregistrement des réfugiés. «Depuis que Kabila a menacé d’attaquer le camp de Tingi-Tingi (à 150 km au nord), les réfugiés ont peur de quitter Punia», explique-t-il, ajoutant que la nouvelle de la chute de Kalima et de son camp de réfugiés, le week-end dernier, les a «terrorisés».
«Lorsqu’ils voient des «déplacés» zaïrois venir à Punia en provenance du Nord, ils se disent qu’ils sont vraiment coincés», ajoute Clément, un autre étudiant chargé du recensement.
Où en sont les négociations pour l’ouverture d’un camp ici?», demande naïvement un réfugié à des membres d’organisations internationales et humanitaires en mission d’évaluation des besoins.

Des sites de fortune

Officiellement, il n’y aura pas de camp. Les autorités zaïroises ne veulent pas en entendre parler. Mais les humanitaires ont quand même décidé de répartir les réfugiés sur trois sites de fortune et de renforcer l’aide alimentaire et médicale, conscients que les arrivants sont désormais plus nombreux que les partants.
Leur état de santé est particulièrement inquiétant, comme le prouve le taux élevé de mortalité. Lundi dernier, sept décès ont été enregistrés dans la journée.
Le Programme alimentaire mondial et l’UNICEF ont donc commencé à acheminer des biscuits et de la bouillie à haute teneur en protéines ainsi que du maïs. Mais certains réfugiés revendent les biscuits aux autochtones pour acheter du manioc.
En termes voilés, les réfugiés font aussi comprendre qu’une partie de l’aide alimentaire est détournée par les autorités zaïroises locales. Pour plus d’efficacité, des cuisines communautaires devraient être installées dans les prochains jours et la mission catholique de Punia essaiera de superviser les distributions.
Ce début d’organisation ressemble à s’y méprendre à l’édification d’un petit camp dont les effectifs risquent de gonfler dans les prochaines semaines.
Punia pourrait voir arriver des milliers de réfugiés du camp de Shabunda, plus au Sud, évacué au début du mois. Et aussi une partie des 25.000 réfugiés de Kalima dont on est sans nouvelles depuis leur disparition soudaine, samedi dernier, juste avant que les rebelles ne prennent possession des lieux.
«Dans la forêt, il y encore beaucoup de gens qui hésitent à sortir. Mais quand ils n’en pourront plus, ils viendront sûrement ici», assure Dativa.
PUNIA (Zaïre), 26 Février (AFP). – Les centaines de milliers de réfugiés rwandais hutus rescapés de l’enfer zaïrois se sentent de plus en plus menacés par le rouleau compresseur de la rébellion tutsie.La petite ville de Punia ne devait être qu’un camp de transit pour les réfugiés rwandais fuyant les combats de l’est du Zaïre et les rebelles de Laurent-Désiré Kabila.Cette clairière au milieu de la jungle, à 300 kilomètres au sud-est de Kisangani, en accueille aujourd’hui 4.500. Environ 150 l’atteignent chaque jour et beaucoup ne veulent pas aller plus loin.«Aller où? Les rebelles sont partout», lance Dativa, 27 ans, qui a quitté le Rwanda en 1994 alors que les Tutsis prenaient une revanche sanglante sur les «génocideurs» hutus.Evacuant les camps du Kivu à chaque avancée des rebelles zaïrois, en...