«Depuis jeudi, on a 10.000 visiteurs par jour en moyenne et cela ne s’arrête pas», a indiqué une gardienne de la maison de Deng. «Il fait beau aujourd’hui et il y a beaucoup plus de monde que les jours précédents», a-t-elle ajouté au téléphone.
«Les gens viennent des quatre coins du Sichuan, et l’on voit même des Sichuanais installés dans d’autres provinces, qui ont tenu à faire le déplacement», a poursuivi la gardienne, Mme Nie.
«Les gens arrivent en autobus, en voiture, à vélo, et les paysans à pied. Il y en a qui sont venus en famille, mais aussi avec leurs unités de travail», a-t-elle raconté. «Beaucoup de gens pleurent, surtout les vieux».
La police canalise toujours cette marée humaine, mais les autorités «voient d’un bon œil» ces témoignages de douleur, qui devraient culminer mardi jour des obsèques officielles de Deng à Pékin, a estimé la gardienne.
Les autorités sont en revanche aux aguets ailleurs dans la province, et notamment à Chengdu, où elles ont formellement découragé les attroupements de foule dans la rue, a rapporté un policier de la ville.
«Jeudi soir, des habitants de Chengdu sont allés déposer des gerbes à la mémoire de Deng, au pied de la statue de Mao Tsé-Toung qui se trouve sur la place centrale de la ville», a indiqué l’officier, M. Wang.
«La foule, qui s’étendait sur une longueur d’environ 200 mètres, est restée sur place jusqu’à une heure bien avancée de la nuit, malgré la pluie», a-t-il poursuivi.
«On a entendu crier des slogans en faveur de la politique de réformes et d’ouverture de Deng Xiaoping», a raconté l’officier.
«La police n’est pas intervenue pour rouvrir la circulation, mais on a envoyé quelques policiers pour demander aux gens de rentrer chez eux, et de suivre dorénavant les activités de deuil organisées dans les unités de travail et dans les usines, et de ne plus se rendre dans la rue», a-t-il ajouté.
La Chine a décrété six jours de deuil officiel, jusqu’à mardi. Les cendres de Deng, décédé à l’âge de 92 ans des suites de complications pulmonaires dues à la maladie de Parkinson, seront exposées mardi au Palais du Peuple, siège du Parlement, avant d’être dispersées dans la mer, suivant ses dernières volontés.

