«J’ai constaté une volonté de se mettre au travail, et c’est ce que je cherchais», a-t-elle confié à quelques journalistes avant de partir pour Séoul, septième étape d’un périple de dix jours en Europe et Asie.
Malgré des «progrès» sur la future charte de coopération OTAN-Russie, en particulier l’élaboration d’un «plan de travail», elle a reconnu que «beaucoup restait à faire» pour apaiser les craintes de Moscou.
Elle a néanmoins jugé que les responsables russes avaient «réagi de manière positive» aux concessions occidentales qu’elle leur a transmises, en particulier une offre de renégociation du traité de 1990 sur le désarmement conventionnel en Europe.
Cette offre aurait l’avantage pour la Russie de décourager le déploiement de soldats de l’OTAN à proximité de ses frontières en fixant aux pays d’Europe de l’Est candidats à l’OTAN — la Pologne, la Hongrie ou la République tchèque — des plafonds d’armement incluant les troupes étrangères.
Cela devrait contribuer à «supprimer l’impression de menace que la Russie ressent de la part de l’OTAN», a expliqué Mme Albright.
Un haut responsable américain qui a requis l’anonymat a qualifié, pour sa part, de «mitigée» la réaction du ministre des Affaires étrangères Evgueni Primakov. Celui-ci s’est contenté de prendre note, en prévision des négociations qui vont s’engager à Vienne sur le CFE.
La sécurité de la Russie
Au cours d’une conférence de presse commune à l’issue de leurs entretiens jeudi et vendredi à Moscou, M.Primakov a réaffirmé que la Russie «était toujours opposée» au projet d’élargissement de l’OTAN, que les alliés doivent lancer officiellement à leur sommet de Madrid début juillet.
Mais il a souligné que les deux pays allaient «tout faire pour en minimiser les conséquences négatives».
Il a rappelé que la Russie ne voulait pas que les infrastructures militaires de l’OTAN soient étendues jusqu’à ses frontières et qu’elle souhaitait «avoir voix au chapitre» dans les discussions au sein de l’OTAN qui «affectent la sécurité de la Russie».
Le document sur la coopération entre l’alliance et la Russie devra être «de nature contraignante», être ratifié par les Parlements des pays concernés et mentionner que l’OTAN n’a pas l’intention de déployer des armes nucléaires sur les territoires de pays de l’Est qui adhéreront, a-t-il encore réaffirmé.
Pour M. Primakov, «Mme Albright partage l’idée» de conclure un document contraignant. Interrogé ensuite sur ce point, le secrétaire d’Etat a réaffirmé que Washington ne voulait pas de ratification, mais a suggéré que le document soit entériné par les chefs d’Etat, sous la forme d’un «engagement politique de haut niveau».
Plus que la substance, c’est le ton des discussions qui s’est amélioré, ont souligné les deux ministres.

