Au quatrième jour de son séjour qui lui a permis de «faire connaissance avec la France», Alexandre Lebed s’est entretenu avec le premier secrétaire du Parti socialiste (opposition) Lionel Jospin, le vice-président du Parti républicain (majorité) Alain Madelin et l’académicien et ancien ministre Jean-François Deniau.
Le général Lebed, qui déclare n’avoir «jamais caché» qu’il «prépare le terrain pour de futures visites officielles et pour faciliter un travail fructueux que nous aurons à faire ensemble dans un avenir très proche», a rencontré M. Jospin pendant près d’une heure.
Les deux hommes se sont entretenus «à la fois des relations entre la France et la Russie, de la situation en Russie, des perspectives politiques» et «des projets» d’Alexandre Lebed.
Le général Lebed, qui n’a aucun mandat électif en Russie, avait auparavant confié à M. Deniau «une mission de bons offices dans les pays baltes».
«J’ai demandé à titre personnel à M. Deniau de se rendre en avril dans les pays baltes et à Moscou afin de dresser un bilan des problèmes qui subsistent entre ces pays indépendants et la Russie», a indiqué M. Lebed.
«Il est temps de résoudre ces problèmes entre gens civilisés, il est temps que les Baltes cessent de craindre une agression de la Russie, mais il faut aussi qu’ils accordent leurs droits aux russophones qui vivent dans leurs pays», a-t-il ajouté.
Les pays baltes, où vivent de fortes minorités russophones (de 9% de la population à 30% selon les pays), sont candidats à l’adhésion à l’OTAN, mais la Russie est fermement opposée à ce que ces pays de «l’étranger proche» rejoignent l’organisation atlantique.
Dans la matinée, Alexandre Lebed s’était également entretenu pendant une heure avec Alain Madelin, chef de file des libéraux.
Le général Lebed effectue depuis dimanche une visite privée de six jours en France, à l’invitation de l’Association européenne des conseils politiques.
Jeudi, il a rencontré le président de l’Assemblée nationale Philippe Seguin et des parlementaires, et a été reçu par le secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, Bertrand Dufourcq.
Depuis son arrivée en France, le général Lebed a été reçu par plusieurs dirigeants politiques et économiques, comme le gouverneur de la Banque de France, Jean-Claude Trichet, l’ancien ministre gaulliste de l’Intérieur, Charles Pasqua, et le président du Sénat René Monory.
M. Lebed multiplie les voyages à l’étranger, où il est sérieusement considéré par les chancelleries occidentales comme un successeur possible de M. Eltsine.
Son premier voyage à l’Ouest remonte à octobre 1996. Alors secrétaire du Conseil de sécurité russe, il s’était rendu au siège de l’OTAN à Bruxelles.
Deux autres voyages à titre privé, aux Etats-Unis en novembre et en Allemagne en janvier, ont permis à M. Lebed de nouer ses premiers contacts dans les cercles gouvernementaux. A Washington, il a été reçu par le numéro deux du département d’Etat, Strobe Talbott, et par le secrétaire à la Défense, William Perry. A Bonn, il a rencontré notamment l’éminence grise du chancelier Helmut Kohl, Wolfgang Schaeuble.

