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Actualités - Chronologie

Bug Mafia, ou la guerre des rappeurs roumains contre la police

BUCAREST, 19 Février (AFP). — L’interpellation pour l’ouverture d’une enquête pénale contre un groupe de rap, le BUG Mafia, accusé d’«outrage aux bonnes mœurs» défraie la chronique en Roumanie et même certains politiciens se sont mêlés au scandale.
Le scandale sans précédent dans le pays a éclaté début février dans la ville de Turnu-Severin (sud) lorsque les jeunes rappeurs bucarestois ont été interpellés en plein concert dans une discothèque pour avoir utilisé des «expressions triviales et pour avoir encouragé la consommation de drogues» dans leurs chansons.
Le patron de la discothèque au nom prédestiné «No Limit», Cristian Tandara, responsable local du Parti libéral, a lui aussi été brièvement interpellé et une enquête pour «complicité» a été ouverte à son encontre.
Pour M. Tandara il s’agit d’un «abus policier contre lequel des mesures doivent être prises afin d’éviter sa prolifération».
Il a reçu l’appui de la direction nationale de son parti qui a estimé que la police de Turnu-Severin «applique des méthodes de l’époque (du dictateur) Nicolae Ceausescu». «Les chefs de la police doivent répondre pour l’interpellation illégale de ces personnes. Nous allons entreprendre des démarches pour qu’ils soient licenciés», a déclaré à la presse le président du Parti libéral, Dinu Zamfirescu.
Le jour fatidique, une vingtaine de policiers avaient fait irruption dans l’établissement pour interpeller les trois membres de BUG Mafia qui chantaient à ce moment une chanson intitulée «Le quatrième numéro» décrivant avec force détails le déroulement d’un acte sexuel.

L’époque de Ceausescu

C’est ce texte qui a le plus dérangé les quelques policiers en civil présents dans la salle et qui ont appelé les renforts car, jusqu’ici, le BUG Mafia avait chanté impunément d’autres textes aussi «forts», selon des témoins.
«L’histoire me rappelle l’époque de Ceausescu, lorsqu’aux concerts, des policiers présents dans la salle interdisaient aux jeunes de danser. Les musiciens jeunes sont toujours provocateurs, il faut les laisser faire», estime Maria, diplômée en langues étrangères.
Le producteur de BUG Mafia, Dan Popi, est révolté de l’action de la police contre ses protégés. «Je pense que par ce cas, ils comptent créer un précédent légal qui permettra aux autorités de contrôler d’une manière dangereuse la production musicale», a-t-il dit à la presse.
Le BUG Mafia — deux étudiants Vlad Ieremia et Dragos Neagu et un lycéen, Alin Demeter —, jouit d’un succès croissant en Roumanie où leurs disques sont achetés comme des petits pains par les jeunes.
Selon la presse, les musiciens rap roumains ont désormais peur de chanter mais ils ne veulent pas abandonner le combat. «Le langage vulgaire ne peut pas être évité, car c’est ça le rap. Raconter la vie telle qu’elle est», disent-ils.
«Pourquoi n’ont-ils pas arrêté la vedette américaine Coolio qui a lancé plein de «gros mots» au public à l’occasion d’un festival international de musique en Roumanie»?, s’interroge Vlad Ieremia, le leader de BUG Mafia.
«Que dire alors de certains textes «exotiques» du chanteur français Serge Gainsbourg ou de l’Américain Prince, adulés par des fans du monde entier?», se demande aussi Adrian, un étudiant en comptabilité.
Le procès contre les jeunes musiciens «mafiosi» s’ouvrira à la fin mars. Ils risquent soit une peine d’amende soit une peine de prison de trois mois à deux ans.
D’ici là, la police de Turnu-Severin compte organiser un débat regroupant «musiciens, journalistes, parents et personnalités culturelles» pour établir si l’accusation d’«obscénité» contre les textes de BUG Mafia se justifie.
BUCAREST, 19 Février (AFP). — L’interpellation pour l’ouverture d’une enquête pénale contre un groupe de rap, le BUG Mafia, accusé d’«outrage aux bonnes mœurs» défraie la chronique en Roumanie et même certains politiciens se sont mêlés au scandale.Le scandale sans précédent dans le pays a éclaté début février dans la ville de Turnu-Severin (sud) lorsque les jeunes rappeurs bucarestois ont été interpellés en plein concert dans une discothèque pour avoir utilisé des «expressions triviales et pour avoir encouragé la consommation de drogues» dans leurs chansons.Le patron de la discothèque au nom prédestiné «No Limit», Cristian Tandara, responsable local du Parti libéral, a lui aussi été brièvement interpellé et une enquête pour «complicité» a été ouverte à son encontre.Pour M. Tandara il...