Le président russe, qui a accumulé les ennuis de santé depuis sa réélection en juillet dernier, a reçu mardi pendant près d’une heure au Kremlin le président de l’Autorité palestinienne.
Assis aux côtés du chef de la diplomatie russe Evguéni Primakov, M. Eltsine est apparu en relative bonne forme sur les brèves images diffusées par la télévision russe.
Le ministre de la Défense Igor Rodionov que M. Eltsine avait reçu lundi avait déclaré qu’il était «évident que le président retrouvait la santé».
La volonté de M. Eltsine de reprendre pied sur la scène diplomatique est réelle.
Après avoir annulé une série de rendez-vous et considérablement allégé son agenda en début d’année, le président russe a pris une série de rendez-vous importants pour les prochaines semaines.
Ce vendredi, il doit recevoir le nouveau secrétaire d’Etat américain Madeleine Albright pour des discussions toujours délicates sur l’élargissement de l’OTAN.
Le 3 mars, il doit recevoir les responsables européens pour un sommet Russie-Union européenne qui aurait dû avoir lieu un mois plus tôt à La Haye. Le 6, il doit faire sa première véritable intervention publique depuis sa prestation de serment le 9 août dernier en prononçant son message annuel devant les parlementaires, et le 7 recevoir le président du Bélarus Alexandre Loukachenko.
A l’étranger
Enfin, les 20 et 21 mars, il doit se rendre pour la première fois à l’étranger depuis avril dernier pour rencontrer son homologue américain Bill Clinton à Helsinki, en Finlande.
Le protocole aurait voulu que ce sommet russo-américain ait lieu aux Etats-Unis, mais il a été infléchi pour ménager la santé de M. Eltsine.
«S’il passe sans trop de difficultés les tests du 6 et du 21 mars, la pré-campagne présidentielle qui s’est ouverte ces derniers mois sera provisoirement terminée. On pourra dire que Boris Eltsine a de bonnes chances de rester au pouvoir», a indiqué Andreï Piontkowski, analyste au Centre d’études stratégiques.
«Mais s’il a des difficultés à franchir l’un ou l’autre de ces caps, la pression pour qu’il s’en aille sera beaucoup plus forte».
L’opposition communiste et nationaliste ainsi que les médias — même s’ils ont pour la plupart soutenu la réélection de M. Eltsine face au leader communiste Guennadi Ziouganov — se sont relayés ces dernières semaines pour maintenir la pression sur l’équipe présidentielle et créer une ambiance pré-électorale dans le pays.
Les interviews du général Alexandre Lebed, qui assure qu’il sera président avant l’an 2000, succèdent aux spéculations sur les aspirations présidentielles du maire de Moscou Iouri Loujkov.
En dépit des dénégations de M. Eltsine lui-même, l’entourage du président est également soupçonné de manigancer des amendements constitutionnels qui permettraient d’éviter une élection présidentielle anticipée au suffrage universel.
Lundi encore, le journal Komsomolskaïa Pravda nourrissait la polémique en affirmant que la femme de Boris Eltsine, Naïna, s’était disputée avec son mari pour son anniversaire le 1er février dernier en lui recommandant de quitter la vie politique. La présidence a affirmé que Mme Eltsine avait catégoriquement démenti cette information et qu’elle en avait été indignée.
Mardi, le Kremlin a retiré son accréditation à l’auteur de cet article, qui avait reconnu dans une interview avoir publié ces «rumeurs» pour faire réagir le Kremlin

