Interrogé sur le choix de son successeur, M. Havelange refuse de prendre parti. Notant simplement que le Suédois Lennart Johansson, président de l’UEFA et son ennemi intime, est «pour l’instant le seul candidat déclaré», il est favorable à la candidature d’un autre européen. Celle de Franz Beckenbauer, par exemple, qui est publiquement souhaitée par Pelé, le «roi du football» devenu ministre brésilien des Sports.
«Pourquoi pas, lance-t-il. «Beckenbauer est un grand joueur, un grand technicien, un grand directeur d’équipe, un homme d’affaires avisé et le président d’un des plus grands clubs de football du monde» (le Bayern Munich).
Mais M. Havelange, qui «respectera son successeur, quel qu’il soit», est aussi un ardent défenseur de la francophonie (toutes les réunions sous sa présidence à la FIFA se tiennent en français). Dans cette optique, la candidature éventuelle d’un Africain francophone, Issa Hayatou, président de la Confédération africaine, ne le laisse pas non plus indifférent.
«Il appartiendra aux 200 associations nationales de trancher au Congrès de Paris», se contente-t-il de dire. L’ouverture officielle du dépôt des candidatures est fixée à décembre 1997 ou janvier 1998, et la clôture au 7 avril 1998, selon Sepp Blatter.
Interrogé sur la prochaine Coupe du monde en France, M. Havelange a réitéré son souhait de ne voir «ni grillage, ni but en or» en 1998. Au sujet de la sécurité, il souhaite que la France supprime tous les grillages de ses stades. «Les spectateurs ne sont pas des tigres, ni des lions. Imaginez un grillage devant la scène au théâtre... Il faut éduquer le peuple et prendre les mesures adéquates. Je fais confiance pour cela au gouvernement français et à mon ami Jacques Chirac qui a nommé une dame, Mme Dominique Spinosi, à la tête d’un organisme spécial chargé de la sécurité».
«Ce n’est pas une bouteille lancée dans un stade (le 13 février à Lens, un arbitre assistant a été assommé par une bouteille lancée d’une tribune du stade Bollaert lors du match Lens-Paris SG), qui doit remettre en cause la suppression des grillages», dit-il visiblement agacé par la résistance des autorités du football français à passer à l’acte. «Mais nous n’irons pas contre les décisions du CFO (Comité français d’organisation)» ajoute-t-il.
Quant au «but en or», qu’il préfère appeler «mort subite», M. Havelange souligne qu’il «ne figure pas dans les lois du jeu qui seront appliquées en 1998».
«C’est une expérimentation peu convaincante, affirme-t-il avec force. Pour moi, le sport en général et le football en particulier, c’est l’émotion. Or, une Coupe disputée avec cette règle la tue. Il n’y a pas de réaction du public. Et en Australie, en 1993, lors d’un match des moins de 20 ans contre l’Uruguay, son application au détriment des Sud-Américains a entraîné la destruction des vestiaires par les joueurs éliminés. Ils ont été suspendus pour deux ans des compétitions internationales et ont dû payer les dégâts».
«Son application pour la finale de l’Euro à Londres a privé le stade de réaction. Les tirs au but sont une sensation. Avec ce système, il y a trois matches en un: le temps réglementaire, la prolongation et les tirs au but. Chaque équipe doit s’y préparer physiquement et mentalement. Ce ne sont pas les tirs au but qui sont fautifs, mais ceux qui ne l’intègrent pas dans leur schéma de jeu», conclut-il.


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