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Actualités - Chronologie

Un filon empoisonné

KOURTCHALOI, 17 Février (AFP). — Pendant toute la guerre, les médecins tchétchènes ont préféré garder le silence sur les maladies provoquées par la multiplication des raffineries sauvages. Six mois après la fin des hostilités, les langues se délient et les victimes se comptent par centaines.
«C’est le problème numéro un dans notre région», reconnaît Chamil Tamkaïev, médecin en chef de l’hôpital de Kourtchaloï, à 40 kilomètres au sud-est de la capitale Grozny.
«Nous n’avons pas mis l’accent sur ce problème pendant la guerre car nous avions un besoin crucial d’essence et d’argent. Sans ces raffineries, nous n’aurions rien pu faire contre les Russes», dit cet homme qui a perdu son fils et sa sœur pendant le conflit.
Plus qu’ailleurs, ces installations — qui se résument généralement à une vieille citerne, dans laquelle on fait chauffer le brut venu des puits de Tchétchénie, et un bac pour récupérer les produits raffinés — ont poussé comme des champignons dans la région de Kourtchaloï. On en compte plus de 1.000 pour quelque 100.000 habitants.
Elles recouvrent la région d’une fumée malodorante, noircissent la neige et le linge qui sèche, et rendent le lait de vache imbuvable, dit le Dr Tamkaïev.
Des dizaines de personnes — avant tout des jeunes qui surveillent ces citernes — sont mortes, parfois dans des conditions atroces, brûlées par l’explosion de leur citerne remplie d’essence bouillante, explique-t-il.
Des centaines d’autres souffrent de brûlures, de maladies de la peau, ou de maladies respiratoires provoquées par la respiration des vapeurs de pétrole et du mazout utilisé pour le faire brûler. Le nombre des enfants prématurés est en forte hausse.
Le nombre exact de victimes est difficile à déterminer, car la plupart ne viennent pas à l’hôpital qu’ils savent complètement démuni, ajoute le Dr Tamkaïev.
D’ici deux ou trois ans, les médecins de la région s’attendent à une recrudescence des cas de cancer et de tuberculose.
Le Dr Tamkaïev, aidé par le médecin en chef de l’hôpital de Chali à 15 kilomètres de là, a entamé ces dernières semaines une campagne d’information, organisant des réunions de village pour expliquer le danger des raffineries.
«Nous en parlons autant que possible tous les jours. Mais on ne peut pas prendre de mesures radicales et enlever toutes ces citernes du jour au lendemain. Il faut donner aux gens du travail, un salaire, et le problème disparaîtra de lui-même», dit-il.
En dépit de la difficulté à remettre en route l’industrie pétrolière d’avant-guerre, le Dr Tamkaïev veut croire que les raffineries sauvages auront disparu d’ici deux mois. Mais même ainsi, dit-il, «les maladies resteront et seront transmises à nos descendants, comme de nombreuses autres conséquences de la guerre».
KOURTCHALOI, 17 Février (AFP). — Pendant toute la guerre, les médecins tchétchènes ont préféré garder le silence sur les maladies provoquées par la multiplication des raffineries sauvages. Six mois après la fin des hostilités, les langues se délient et les victimes se comptent par centaines.«C’est le problème numéro un dans notre région», reconnaît Chamil Tamkaïev, médecin en chef de l’hôpital de Kourtchaloï, à 40 kilomètres au sud-est de la capitale Grozny.«Nous n’avons pas mis l’accent sur ce problème pendant la guerre car nous avions un besoin crucial d’essence et d’argent. Sans ces raffineries, nous n’aurions rien pu faire contre les Russes», dit cet homme qui a perdu son fils et sa sœur pendant le conflit.Plus qu’ailleurs, ces installations — qui se résument généralement à une...