Le nombre de demandeurs d’emploi a baissé de 67.800 (chiffre corrigé des variations saisonnières) en janvier. Le taux de chômage a ainsi reculé à 6,5% contre un taux confirmé à 6,7% pour décembre. Le taux de chômage est à son plus bas niveau depuis décembre 1990 et le nombre de sans-emploi n’est «plus» que de 1.815.000 contre 1.883.000 en décembre.
Réagissant à ces chiffres, le secrétaire d’Etat au Travail a reconnu que la forte baisse du chômage enregistrée ces derniers temps en Grande-Bretagne résultait en partie de facteurs exceptionnels, et que les grosses diminutions mensuelles du nombre des demandeurs d’emploi ne dureraient pas.
«C’est une phase transitoire liée aux nouvelles dispositions d’attribution des allocations-chômage qui ont momentanément gonflé ce chiffre (des demandeurs d’emploi)», a dit Eric Forth à la Télévision financière de Reuter.
En revanche deux autres ministres ont réagi en faisant assaut de triomphalisme. Ainsi le secrétaire au Commerce et à l’Industrie, Ian Lang, a tenu à mettre en parallèle les taux de chômage d’autres grands pays d’Europe comme l’Allemagne (11,3%) ou l’Espagne (14,2%) avec celui du Royaume-Uni.
Critiques
travaillistes
«Le Parti travailliste risque de créer 1,5 million de nouveaux chômeurs en adaptant au Royaume-Uni le modèle social européen», a-t-il dit. «Si nous avions le même taux de chômage que les grandes économies du reste de l’Union européenne, nous aurions 3,5 millions de chômeurs».
S’il l’emporte aux prochaines législatives, qui devront avoir lieu d’ici le 22 mai, le Parti travailliste s’est engagé à introduire en Grande-Bretagne la charte sociale européenne, touchant aux droits des travailleurs.
Le secrétaire à l’Education et à l’Emploi, Gillian Shephard, a estimé pour sa part que cette forte baisse du nombre de chômeurs était le fruit des changements introduits sur le marché du travail britannique depuis l’arrivée au pouvoir des Conservateurs en 1979.
«Les vieilles restrictions ont été abolies et les propositions visant à introduire de nouveaux fardeaux, comme la Charte sociale européenne, ou un salaire minimum, ont été rejetées».
Le labour s’est également engagé à créer un salaire minimum mais n’en a pas encore annoncé le niveau. Selon le porte-parole des Travaillistes, 137.000 personnes ont été rayées des listes de chômeurs non pas parce qu’elles ont retrouvé du travail, mais en raison de la création d’une nouvelle allocation remplaçant la traditionnelle allocation chômage.
Les taux
d’intérêt
Par ailleurs, la Banque d’Angleterre (BoE) a réaffirmé mercredi qu’une légère hausse des taux d’intérêt était nécessaire pour que le gouvernement parvienne à son objectif d’inflation de 2,5% sur les deux années à venir.
«Les perspectives d’inflation de la banque centrale sur les deux prochaines années sont proches de trois pour cent avec une orientation à la hausse par la suite», a affirmé la BoE dans son rapport trimestriel sur les prix.
«A court terme, la hausse des taux de change entraîne une révision à la baisse des projections pour le taux central d’inflation en raison de la baisse des prix à l’import. Mais la politique monétaire doit avoir une vision à plus long terme et s’assurer que la tendance de l’inflation soit conforme aux objectifs».
Le rapport de la BoE ne dit pas de combien cette dernière souhaite que les taux soit relevés, mais le vice-gouverneur Howard Davies a dit mardi être favorable à une hausse d’un quart de point, à 6,25%, et peut-être à une autre hausse avant la fin de l’année.
L’économiste en chef de la banque centrale britannique, Mervin King, a expliqué lors d’une conférence de presse, que plus on attendrait plus la hausse devrait être forte.
La Banque d’Angleterre a affirmé ces derniers mois qu’elle ne percevait aucun signe d’accélération de la demande. «Mais un resserrement de la politique monétaire ne dépend pas d’une accélération. Le taux de croissance monétaire et de la demande que nous connaissons depuis un certain temps maintenant ne sont pas durables si l’on veut respecter l’objectif d’inflation sur deux ans».
Il est plus probable que le taux central d’inflation (qui exclut des taux des prêts immobiliers) baisse sous les 2,5% en rythme annuel en cours d’année.
La BoE note que ses perspectives sur l’inflation sont à peu près équivalentes à celles diffusées en novembre dernier, «avec un risque légèrement plus important à la hausse», en raison des anticipations sur la demande finale de la consommation.
La banque centrale affirme que l’environnement d’inflation faible est remis en cause si la croissance des salaires moyens persiste à ce rythme, a déclaré Mervin King, économistes en chef de la BoE.
«Les salaires moyens sont augnenté d’un point de pourcentage sur les douze derniers mois», a-t-il souligné. «Si ceci se répète sur les douze prochains mois, ce qui est probable, on parviendra à ces niveaux qui ne seront pas conformes à l’objectif sur l’inflation».


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