«Nous commençons à trouver des terrains d’entente», ont affirmé le «speaker» (président) de la Chambre des représentants Newt Gingrich, et le chef de la majorité républicaine au Sénat Trent Lott, lors d’une conférence de presse à l’issue d’entretiens mardi dans la nuit au Capitole avec M. Clinton et le vice-président Al Gore.
«Vous allez voir beaucoup de choses commencer à se produire à la suite de cette réunion», a affirmé M. Lott.
Plusieurs autres chefs de file républicains et démocrates ont participé à la rencontre, la première entre les dirigeants depuis que M. Clinton a présenté, la semaine dernière, son projet de budget pour l’année budgétaire 1998 et le retour à l’équilibre budgétaire à partir de l’an 2002.
Les dirigeants républicains qui, l’an dernier, s’étaient heurtés de front avec le président démocrate sur la façon de rétablir l’équilibre budgétaire, semblent déterminés à éviter coûte que coûte le renouvellement d’une guerre qui a failli leur coûter leur majorité parlementaire aux élections générales en novembre.
MM. Gingrich et Lott ont notamment affirmé que l’exécutif et le législatif tacheraient de travailler à un projet de budget à partir d’un document conjoint et d’arriver à un compromis vers la mi-avril, plutôt que de laisser le problème en suspens comme par le passé jusqu’au tout dernier moment.
Les dirigeants républicains ont affirmé avoir identifié cinq terrains de coopération possible, propices à la conclusion rapide d’accords ou à l’adoption de projets législatifs.
Outre des initiatives conjointes en matière d’éducation et de lutte contre la délinquance juvénile, la Maison-Blanche et le Congrès se proposent de rechercher un consensus sur les questions d’allègements fiscaux, que les républicains estiment être trop faibles.
Les deux parties entendent également coopérer en vue d’aider la capitale fédérale Washington, gravement sinistrée, à remonter la pente, notamment en matière d’éducation. Le président a proposé que le gouvernement fédéral prenne à sa charge les retraites des fonctionnaires municipaux et la gestion des prisons.
A la suite de la réforme, l’an dernier, du «Welfare», le système d’allocations gouvernementales aux plus démunis, les deux parties veulent aussi encourager la création par le secteur privé d’emplois susceptibles de permettre aux allocataires de se prendre en charge une fois épuisés leurs droits.
Peu avant le début de la réunion, M. Clinton s’était réjoui de la bonne volonté affichée par ses interlocuteurs, estimant que cette atmosphère constructive représentait une «grande occasion» de faire avancer les négociations sur le budget. «Tout le système tend vers le mouvement et pas vers une nouvelle paralysie», avait-il affirmé.

