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Actualités - Chronologie

L'enfer et le paradis sur une scène de théâtre en Egypte

LE CAIRE, 6 Février (AFP). — La censure a donné l’autorisation de principe à un marxiste devenu islamiste de monter une pièce de théâtre montrant pour la première fois sur une scène égyptienne l’enfer et le paradis, ce qui pourrait lever l’interdiction d’autres œuvres religieuses.
«Cela permettra la production de plusieurs textes religieux qui sont interdits depuis des années» par el-Azhar, la plus haute autorité de l’islam sunnite, espère le président de l’organisme chargé de la censure, M. Ali Abou Chadi.
L’auteur, M. Moustapha Mahmoud, 75 ans, a remporté l’an dernier un prix de la Foire internationale du livre du Caire pour sa pièce intitulée «Une visite au paradis et en enfer». Les critiques estiment qu’il s’est inspiré de la «Divine comédie» de Dante mais d’un point de vue islamique.
Après avoir obtenu l’accord d’el-Azhar, M. Mahmoud attendait depuis quatre mois le feu vert de la censure gouvernementale. Dans un premier temps, celle-ci a refusé d’approuver le projet, arguant qu’il traitait du paradis et de l’enfer et violait le principe musulman interdisant la représentation de figures sacrées.
«C’était une fausse excuse puisque el-Azhar avait déjà donné son accord à mon travail», estime M. Mahmoud. «La censure a refusé parce que la pièce fait le procès des symboles du marxisme et entre ainsi dans une zone taboue», ajoute-t-il.
M. Mahmoud a fait appel à un comité supérieur de la censure, qui a finalement donné une approbation «définitive», selon lui. Mais selon M. Abou Chadi, «notre accord, comme celui d’el-Azhar, est sujet à des réserves» et la censure surveillera les répétitions avant de trancher définitivement.

Trois danseuses

D’ores et déjà, la censure a obligé M. Mahmoud à retirer de son texte les noms de trois célèbres danseuses égyptiennes, dont la star actuelle Fifi Abdo.
Dans la pièce, le personnage principal — un tyran sanguinaire et corrompu — rencontre Fifi Abou durant une visite au paradis mais aussi Tahya Carioca et Mounira el-Mahdiya, aujourd’hui respectivement à la retraite et décédée. Or, pour la censure, seul Dieu a le droit de décider qui va en paradis ou en enfer.
«J’espère que (la décision d’el-Azhar) ouvrira la voie à la présentation d’autres œuvres à caractère religieux interdites jusqu’à présent», dit encore Abou Chadi.
Il cite notamment la pièce de théâtre «Hussein révolutionnaire et martyr» d’Abdel Rahman Charqawi, qui raconte l’histoire du petit-fils de Mahomet tué par les Ommayades à la bataille de Kerbala (Irak) en 680.
M. Mahmoud souligne avoir reçu l’autorisation d’el-Azhar car sa pièce à lui «défend les idées de l’islam».
LE CAIRE, 6 Février (AFP). — La censure a donné l’autorisation de principe à un marxiste devenu islamiste de monter une pièce de théâtre montrant pour la première fois sur une scène égyptienne l’enfer et le paradis, ce qui pourrait lever l’interdiction d’autres œuvres religieuses.«Cela permettra la production de plusieurs textes religieux qui sont interdits depuis des années» par el-Azhar, la plus haute autorité de l’islam sunnite, espère le président de l’organisme chargé de la censure, M. Ali Abou Chadi.L’auteur, M. Moustapha Mahmoud, 75 ans, a remporté l’an dernier un prix de la Foire internationale du livre du Caire pour sa pièce intitulée «Une visite au paradis et en enfer». Les critiques estiment qu’il s’est inspiré de la «Divine comédie» de Dante mais d’un point de vue...