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Actualités - Chronologie

Pakistan : Nawaz Sharif veut révitaliser l'économie

ISLAMABAD, 5 Février (AFP). — Le prochain premier ministre pakistanais Nawaz Sharif devra faire face, lorsqu’il prendra ses fonctions à la mi-février, à une situation économique catastrophique avec des moyens d’action très limités.
M. Sharif dont le parti, la Ligue musulmane pakistanaise, a gagné lundi les élections générales en écrasant son rival, le Parti du peuple pakistanais (PPP), de l’ancien premier ministre Benazir Bhutto, a l’avantage de jouir du soutien des milieux économiques du pays, dont il est lui-même issu.
Sa victoire à peine connue, M. Sharif a souligné que ses premières mesures viseraient à «revitaliser l’économie» en faisant appel aux capitaux étrangers, pour remettre le pays «sur la voie du progrès et de la prospérité».
Vaste programme, alors que le Pakistanais a connu ces dernières années une crise économique sans précédent, qui le laisse loin derrière la plupart des autres pays asiatiques émergents aux performances stupéfiantes.
Le pays enregistre en effet un accroissement continu du chômage, alors que 16% de la population active, selon l’Organisation internationale du travail (OIT), est déjà sans travail.
De plus, l’inflation, officiellement estimée à 11%, dépasse en fait les 20%.
Dans le même temps, les caisses de l’Etat se vident et les réserves de changes fondent, forçant les autorités à recourir à l’emprunt, alors que la dette publique est évaluée à 30 milliards de dollars.
La roupie a perdu 40% de sa valeur face au dollar sous le gouvernement de Mme Bhutto, de 1993 à novembre 1996, date à laquelle elle a été destituée par le président Farooq Leghari. Ce dernier avait affirmé agir ainsi, entre autres, pour éviter un «désastre économique imminent».
Face à cette situation, le prochain gouvernement disposera d’une marge de manœuvre particulièrement étroite, d’autant que le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale posent des conditions draconiennes à la reprise de leur aide.
Ils exigent notamment la réduction du déficit budgétaire — officiellement de 6,3% — à 4% du Produit intérieur brut (PIB), le maintien de la croissance à au moins 5%, l’accélération des privatisations et la réduction des dépenses publiques.
Islamabad vit au-dessus de ses moyens, avec notamment un budget de la défense énorme qui, si on le cumule au service de la dette, est supérieur aux recettes fiscales de l’Etat.
«Améliorer la situation économique après les élections sera un processus très lent», a estimé un courtier en bourse à Karachi quelques jours avant les élections. De son côté, le président de la fédération des Chambres de commerce et d’industrie, Ilyas Blour, reconnaît que le futur gouvernement sera confronté à un «énorme défi économique».
Quant aux Pakistanais, ils sont nombreux à exprimer, à l’image de ce mécanicien d’Islamabad, leur rejet de «ces politiciens qui n’ont jamais changé quoi que se soit dans nos vies». Près de 65% des électeurs inscrits ont d’ailleurs boudé les élections de lundi.
ISLAMABAD, 5 Février (AFP). — Le prochain premier ministre pakistanais Nawaz Sharif devra faire face, lorsqu’il prendra ses fonctions à la mi-février, à une situation économique catastrophique avec des moyens d’action très limités.M. Sharif dont le parti, la Ligue musulmane pakistanaise, a gagné lundi les élections générales en écrasant son rival, le Parti du peuple pakistanais (PPP), de l’ancien premier ministre Benazir Bhutto, a l’avantage de jouir du soutien des milieux économiques du pays, dont il est lui-même issu.Sa victoire à peine connue, M. Sharif a souligné que ses premières mesures viseraient à «revitaliser l’économie» en faisant appel aux capitaux étrangers, pour remettre le pays «sur la voie du progrès et de la prospérité».Vaste programme, alors que le Pakistanais a connu ces...