«Ils se sont une nouvelle fois trompés de course», a-t-il dit. «Hier (lundi), ils ont organisé le géant à la place du Super-G et aujourd’hui, ils nous font le Super-G».
«A aucun moment, on ne se fait peur», a-t-il dit d’un parcours trop tournant à son goût mais qu’il préfère quand même à celui des deux dernières éditions des championnats du monde, en 1993 et 1995. «C’est bien mieux qu’au Japon ou en Espagne», a-t-il estimé.
Intrus parmi les six Autrichiens qui occupaient les sept premières places, Alphand, douzième du Super-G lundi, s’est montré toutefois physiquement marqué après deux jours de compétition.
Enrhumé depuis la fin de la semaine dernière, il a été contraint d’entamer une cure d’antibiotiques, lundi soir. «Pour l’instant, cela me fatigue plus qu’autre chose», a-t-il dit, déplorant de n’avoir pas pu profiter de quelques jours de repos entre sa victoire en Super-G à Laax, mercredi dernier, et l’ouverture des championnats du monde.
Le skieur de Serre-Chevalier commençait également à regretter la relative tranquillité dont il jouit lors des épreuves de Coupe du monde. «Mes trois résultats médiocres, cette saison, je les ai réalisés à Val d’Isère, à Chamonix et ici, hier dans le Super-G, c’est-à-dire dans les trois lieux où j’étais sous pression. Dans ces cas-là, je change ma manière d’aborder les choses. Je suis plus motivé et plus tranquille lors des épreuves de Coupe du monde à l’étranger».
A Val d’Isère, en décembre dernier, Alphand avait pris la sixième place de la descente, la huitième du Super-G. A Ghamonix, mi-janvier, il était arrivé cinquième dans la descente. Ce sont les seules courses lors desquelles il n’est pas monté sur le podium.
«Hier après le Super-G, on a déjà fait des réflexions à ma mère quand elle est rentrée à la maison», a-t-il raconté. «Quelqu’un lui a dit: «Il a déjà pris une bâche, ça le dresse!». Les gens qui disent cela, en général, n’ont jamais rien fait de leurs dix doigts, mais ça fait mal tout de même.
«Ce qui me manque ici, c’est de prendre le temps de penser à ma course. Ranger ma combinaison là où elle doit être rangée, par exemple, penser à toutes ces petites choses qui aident à la concentration».
Malgré tous ces désagréments, Alphand a tout de même réalisé un premier entraînement satisfaisant, parvenant à désorganiser l’impressionnant tir groupé des Autrichiens dont certains jouaient leur qualification pour la course de samedi.
Désireux d’évacuer toute pression pour cette descente mondiale qui reste l’objectif suprême de sa saison, le double vainqueur de la Coupe du monde de la spécialité s’est finalement montré rassurant avant de rejoindre son hôtel: «Ne vous inquiétez pas. Je vais quand même tout faire pour la gagner, cette médialle».

