«La sanction en cas de non respect de ce texte est le licenciement pour le professeur et le renvoi de l’université pour l’élève», ont-ils déclaré.
«Ça nous rappelle l’époque soviétique», ont déploré les professeurs qui ont écouté leur recteur lire, il y a quelques jours, ce texte officiel qui n’avait toujours pas eu, lundi, d’échos dans les journaux et les médias, alors que le climat social dans le pays est extrêmement tendu.
Jopar Kojakova, porte-parole du ministère de l’Education de cette ex-république soviétique d’Asie centrale, sans confirmer l’information, estimait lundi que «les jeunes, c’est de la pâte à modeler. A quoi ça sert qu’ils aillent au meeting d’Azamat», nouveau parti enregistré et très actif de l’opposition démocratique au régime du président Noursoultan Nazarbaïev, ancien membre du Politburo de l’URSS.
Fin 1996, Azamat et la Fédération des syndicats indépendants ont organisé à Almaty des manifestations réunissant plusieurs milliers de personnes appelant à la démission de M. Nazarbaïev et à la prise de mesures immédiates pour lutter contre la crise économique très dure que traverse le pays.
Dans de nombreuses villes du nord et de l’est, coupures de gaz et d’électricité sont la règle, la bouteille de gaz et les feux de camps dans la rue, la bouée de sauvetage.
Face aux 810 millions de dollars de salaires et de retraites impayés, plusieurs centaines d’ouvriers se sont mis en grève et des corporations telles que les médecins, les cheminots et les professeurs menacent de se joindre au mouvement.
Azamat et les syndicats d’opposition envisagent également d’autres actions sociales en février.
Traduisant une certaine «nervosité politique de mauvaise augure», selon un diplomate, cette circulaire du ministère de l’Education nationale constitue la dernière illustration de la mainmise — toutefois plus relative qu’en Ouzbékistan et au Turkménistan — du pouvoir sur la république.
En effet, au Kazakhstan, la vie associative est, pour une part importante, contrôlée par les autorités, les journaux officiels sont les plus forts tirages de la presse et des partis politiques godillots faisaient, jusqu’à l’apparation d’Azamat, figure d’opposition légale.
En outre, dans la vie des institutions, depuis l’indépendance kazakhe acquise en décembre 1991, le chef de l’Etat a renforcé ses pouvoirs en prorogeant par référendum son mandat jusqu’en décembre 2000, en faisant adopter, toujours par la voie référendaire, une nouvelle constitution très présidentialiste et en dissolvant à deux reprises un Parlement aujourd’hui réduit à une chambre d’enregistrement des décisions de l’exécutif.

