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Actualités - Chronologie

Bonn craint la participation de l'Italie et de l'Espagne à l'UEM

FRANCFORT, 3 Février (Reuter). — Bonn craint que la participation de l’Italie ou de l’Espagne au lancement de l’Union économique et monétaire (UEM) ne rende encore plus difficile l’adhésion de l’opinion publique allemande à la monnaie unique, estiment des économistes.
Même si l’Espagne a accompli de plus grands progrès que l’Italie dans le respect des critères du traité de Maastricht, les deux pays auront du mal à prouver qu’ils peuvent maintenir cette convergence à long terme, expliquent-ils.
Or, l’Allemagne est récemment montée au créneau pour rappeler la nécessité d’appliquer les critères de convergence sur une longue période.
La question est des plus sensibles au sein des Quinze. En tant que pays fondateur de l’Union européenne, l’Italie ne pourrait tolérer que l’Espagne intègre l’UEM dès 1999 alors qu’elle-même en serait évincée, notent les analystes.
«Je suis de l’avis que si l’Italie n’y est pas, l’Espagne n’y sera pas non plus», dit Alison Cottrell, économiste chez Paine Webber à Londres, pour qui les chances de voir ces deux pays faire partie de la première vague sont «très très minces».
Madrid a beau faire état de résultats économiques tangibles, les millions d’Allemands qui passent leurs vacances en Espagne et qui ont pâti de la dépréciation de la peseta ne se laissent pas convaincre si facilement. Il en va autant pour l’Italie.
«Que ces pays menacés de dévaluation, avec une inflation plus élevée, deviennent d’un seul coup des pays à monnaie forte, avec une inflation modérée, tout ça est un peu trop rapide pour l’Allemand moyen», estime Thomas Mayer, de Goldman Sachs.
Les sondages montrent qu’une majorité d’Allemands refusent de renoncer au deutsche mark, solide et éprouvé, pour un euro dont ils ignorent quel sera le cours.
En décembre dernier, un sondage publié par le magazine «Stern» montrait que 61% des Allemands craignaient l’euro, tandis que seulement 16% envisageaient cette perspective avec espoir.
Le chancelier Helmut Kohl a affirmé la semaine dernière que l’Allemagne ne s’opposait pas fondamentalement à la participation de l’Espagne, mais il s’est abstenu de dire si elle devait se joindre à l’UEM dès son entrée en vigueur.
A l’issue d’une rencontre avec son homologue espagnol Jose Maria Aznar jeudi, Helmut Kohl a ainsi déclaré qu’il observait «avec intérêt et sympathie les énormes efforts» déployés par Madrid.
Deux jours plus tôt, le secrétaire d’Etat aux Finances Jürgen Stark avait jeté un pavé dans la mare en affirmant que certains pays qualifiés «sur le papier» pourraient devoir attendre quelques années avant de participer à l’UEM, le temps de faire la preuve de la stabilité de leur monnaie.
Le numéro deux du ministère des Finances n’a pas cité de nom, mais il ne faisait guère de doute qu’il visait l’Italie et l’Espagne en expliquant que certains pays répondant aux critères de Maastricht «seraient bien inspirés de maintenir une flexibilité des taux de change durant un certain temps».
Tout comme lui, des économistes estiment que les performances économiques de la seule année 1997, perçue à travers le prisme des critères de convergence, ne suffiront pas à évaluer en profondeur la situation économique des pays concernés.
«Si on regarde juste les chiffres de 1997, alors on laisse entrer ceux qui font un régime draconien. Et le problème avec les régimes draconiens, c’est qu’en général, on ne reste jamais mince très longtemps», a résumé Alison Cottrell.
Le ministre-président de Bavière Edmund Stoiber est revenu sur le sujet vendredi. Accusant le Parti social-démocrate de vouloir diluer les critères de Maastricht, il a estimé qu’en acceptant des «artifices comptables» pour réduire les déficits en 1997, «on ne parviendra jamais à amener les Italiens, les Espagnols et les Portugais à maintenir une stricte application des critères de stabilité».
«Puis tout commencera à déraper et je ne pense pas que la population acceptera d’obtenir un euro plus faible en lieu et place de notre deutsche mark fort», a-t-il dit à la télévision.
FRANCFORT, 3 Février (Reuter). — Bonn craint que la participation de l’Italie ou de l’Espagne au lancement de l’Union économique et monétaire (UEM) ne rende encore plus difficile l’adhésion de l’opinion publique allemande à la monnaie unique, estiment des économistes.Même si l’Espagne a accompli de plus grands progrès que l’Italie dans le respect des critères du traité de Maastricht, les deux pays auront du mal à prouver qu’ils peuvent maintenir cette convergence à long terme, expliquent-ils.Or, l’Allemagne est récemment montée au créneau pour rappeler la nécessité d’appliquer les critères de convergence sur une longue période.La question est des plus sensibles au sein des Quinze. En tant que pays fondateur de l’Union européenne, l’Italie ne pourrait tolérer que l’Espagne intègre l’UEM...