Diego Vargas Uribe a précisé que les détails de ce plan ne seraient pas révélés avant plusieurs semaines mais que l’ensemble des parties concernées par la guerre civile avaient été consultées.
«La commission de conciliation a mené une consultation avec les différents secteurs (impliqués) sur les conditions d’une paix négociée», a-t-il dit.
«Nous élaborons un document que nous présenterons au gouvernement et aux forces armées avant de le rendre public», a ajouté sur Radionet le porte-parole de l’organisme semi-autonome, qui regroupe d’anciens ministres et des représentants de l’Eglise.
Mais des observateurs de la vie politique colombienne ont mis en garde contre tout excès d’optimisme, estimant que les chances de succès de ce projet étaient minces.
Ainsi, il y a deux semaines, les forces armées du pays annonçaient un renforcement de leur lutte contre l’insurrection des mouvements de guérilla.
En revanche, le plus ancien mouvement extrémiste armé du pays, les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, apparues en 1964), indiquait par la plume de son chef, Manuel Marulanda, dans le dernier numéro de leur journal «Resistencia» qu’il «avait toujours exprimé la volonté de trouver une solution politique au conflit social et armé».
L’Armée de libération nationale (ELN, apparue dans la mouvance de la théologie de la libération au milieu des années 1960) a tenté l’an passé d’entamer un dialogue avec Bogota par l’intermédiaire de l’Allemagne. Mais l’initiative avait échoué avec l’arrestation en novembre de Werner Mauss, médiateur officieux de Bonn.
La dernière tentative officielle de négociations entre le pouvoir et les groupes rebelles a échoué en 1992 à Mexico. Les Farc avaient alors accusé Bogota de vouloir contraindre les mouvements armés d’extrême gauche à une reddition unilatérale.
Sur le terrain, ni les Farc ni l’ELN n’ont été militairement battues.

