«Nous ne devons pas être les victimes de conflits d’intérêts à Washington entre des parties américaines qui sont pour une escalade et d’autres qui veulent au contraire la stabilité dans la région», écrit dans l’influent quotidien al-Qabas l’ancien ministre de l’Education Ahmad al-Rabii, expliquant qu’il y a «ceux qui achètent le pétrole et ceux qui vendent des armes».
«Il ne faut pas exagérer les ballons d’essai lancés par certaines parties internationales», ajoute l’ancien ministre libéral. «Ceux qui exagèrent le danger que représente Saddam comme ceux qui le minimisent aiment tous le Koweit, mais l’excès d’amour peut être parfois mortel», poursuit-il avec un pointe d’ironie.
Mardi, un haut responsable américain avait affirmé que Saddam Hussein pourrait à nouveau envahir le Koweit. Mais la Maison-Blanche a ensuite estimé qu’elle ne croyait pas à cette possibilité à l’heure actuelle.
Le ministre koweitien de l’Information Saoud Nasser al-Sabah avait pour sa part exprimé vendredi «la profonde inquiétude» de son pays après des informations faisant état selon lui de «menaces irakiennes» et affirmé que 150.000 à 180.000 soldats irakiens étaient massés à une cinquantaine de km de la frontière.
Les commentateurs politiques et les diplomates au Koweit n’avaient pas pris au sérieux ces informations, que Bagdad avait d’ailleurs démenties.
Le quotidien indépendant koweitien al-Raï al-Aam a laissé entendre samedi que Washington agitait la menace d’une nouvelle attaque irakienne pour «faire chanter» le Koweit, évoquant la possibilité qu’un nouveau contrat d’armement soit en discussion.
Le Koweit s’est lancé après sa libération en février 1991 dans un programme de réarmement de 12 milliards de dollars, et ses principaux fournisseurs sont les Etats-Unis.

