Unocal a annoncé jeudi avoir signé un accord avec Total et Myanmar Oil and Gas Entreprise (MOGE) pour la prospection du bloc M8 au large des côtes de la Birmanie (Myanmar).
Le président d’Unocal pour les coentreprises en Asie du Sud et du Sud-est a déclaré dans un communiqué: «Nous sommes heureux de développer nos activités au Myanmar (Birmanie)».
«L’augmentation de la production de gaz naturel ne peut qu’apporter davantage de croissance dans l’économie émergente du Myanmar», a-t-il ajouté.
Les organisations de défense des droits de l’homme ne sont pas de cet avis et multiplient les pressions sur les multinationales présentes en Birmanie, notamment les compagnies pétrolières, pour qu’elles cessent toute relation avec le régime militaire de Rangoon.
Pepsico a ainsi annoncé mardi avoir abandonné tout investissement en Birmanie. L’année dernière, sous la pression d’organisations de défense des droits de l’homme, le géant américain des boissons gazeuses avait cédé les 40% qu’il détenait dans une coentreprise birmane.
«La croissance
contribue
au changement»
Unocal et Total ont déjà essuyé de vives critiques de la part de ces organisations, qui visent également les compagnies pétrolières américaine Texaco et japonaise Nippon Oil.
Une porte-parole d’Unocal a cependant estimé que des sanctions économiques ne servaient pas à promouvoir la démocratisation de la Birmanie.
«Nous croyons que les investissements accéléreront la croissance économique, qui à son tour contribuera au changement», a-t-elle dit par téléphone depuis la Birmanie.
Total détiendra 52,5% des parts et Unocal 47,5% du bloc M8, qui s’étend sur 11.068 km2 dans la mer d’Andaman, près du gisement de gaz naturel de Yadana.
Total, Unocal, la MOGE et la compagnie nationale thaïlandaise Petroleum Authority of Thailand Exploration and Production Co sont déjà associés dans le gisement de Yadana, à hauteur de 1,2 milliard de dollars.
Aucun commentaire n’a pu être obtenu auprès de Total. En juillet dernier, la firme française avait réfuté des accusations selon lesquelles elle avait recours au travail forcé ou à celui des enfants dans ses activités birmanes. Total et Unocal affirment verser généralement à leurs employés birmans des salaires supérieurs à la moyenne nationale.

