M. Ekeus doit se rendre à Bagdad la semaine prochaine dans le cadre des inspections de l’ONU, puis à Moscou où il s’entretiendra le 7 février avec le ministre russe des Affaires étrangères, Evgueni Primakov.
«Nous n’avons pas le compte des missiles acquis par l’Irak et cela représente, je dirais, un nombre significatif», a-t-il dit devant l’Institut pour le Proche-Orient à Washington, un centre de recherches.
«Ils ont tous les éléments: lanceurs, transporteurs, soutien, fusées, essence... toutes les pièces nécessaires pour constituer une force opérationnelle», a-t-il poursuivi.
Jusqu’en 1995, l’Irak a importé des «systèmes avancés de guidage de missiles», a-t-il ajouté.
Les armes ont été placées sous la garde d’organes de sécurité qui devraient les remettre à des unités militaires en cas d’utilisation, a-t-il noté.
M. Ekeus avait estimé qu’il y avait de 6 à 16 missiles cachés en Irak mais dit avoir changé d’avis après son entretien le mois dernier avec le vice-premier ministre irakien Tarek Aziz.
«Je suis sorti de cette réunion avec le sentiment qu’il y avait plus de missiles que je ne le soupçonnais», a-t-il indiqué.
Après la guerre du Golfe (janvier-février 1991), l’ONU a interdit à l’Irak de fabriquer des missiles d’une portée supérieure à 150 kilomètres.
Les résolutions de l’ONU prévoient le maintien de l’embargo, décrété contre l’Irak à la suite de son invasion du Koweit, tant que l’UNSCOM n’aura pas constaté la destruction par Bagdad de ces armes, ou reçu un inventaire des ses armements de destruction massive.
Au sujet des armes biologiques, il a noté que Bagdad cachait «des bombes plus sophistiquées que ce qu’ils nous ont déclaré».

