«Nous sommes venus ici féliciter les habitants de Hébron pour la libération de leur ville», a dit le président du Conseil Ahmed Koreï, à l’ouverture de la séance.
«La tenue de cette session du Conseil à Hébron est un acte symbolique qui confirme que la ville est à nous», a indiqué le représentant de Hébron au sein de cette instance, Souleiman Abou Sneina. Il a toutefois souligné que «la joie est incomplète, car seule une partie de la ville a été libérée» de l’occupation israélienne.
Selon certains membres du Conseil, la séance de mercredi a été consacrée à l’examen d’un récent plan visant à renforcer l’emprise israélienne sur Jérusalem-Est occupé.
Un comité interministériel avait approuvé dimanche un plan de 43 millions de dollars afin de renforcer l’emprise israélienne sur Jérusalem-Est par la création d’un nouveau quartier juif et le transfert des administrations gouvernementales vers ce secteur arabe.
Une décision
inacceptable
L’Autorité palestinienne avait immédiatement protesté contre ce plan visant, selon elle, à créer de nouveaux faits accomplis à Jérusalem-Est pour renforcer son annexion avant les négociations sur le statut final des territoires palestiniens, censées commencer en mars et aboutir avant mai 1999.
Les membres du Conseil ont également examiné l’interdiction faite par le commandant militaire israélien en Cisjordanie, Uzi Dayan, aux Palestiniens de construire ou de rénover des bâtiments dans la partie de Hébron toujours contrôlée par l’armée israélienne et où vivent les 400 colons juifs.
Selon le maire de la ville, Moustapha al-Natché, la décision du général Dayan constitue une violation des accords qui accordent aux Palestiniens l’entière autorité civile sur la ville à l’exception des propriétés juives.
Pour le ministre palestinien de l’Enseignement supérieur, Mme Hanane Achraoui, «la décision d’interdire les constructions est inacceptable».
Selon Mme Achraoui, cette interdiction ainsi que le plan pour Jérusalem-Est et l’expansion de la colonisation dans les territoires occupés sont «des actes unilatéraux qui portent atteinte à l’ensemble du processus de paix».
L’accord israélo-palestinien du 15 janvier sur le transfert des pouvoirs à l’Autorité palestinienne, à Hébron, stipule une coordination avec l’armée israélienne pour la construction de tout nouvel immeuble de plus de deux étages proche des colons juifs afin de calmer leurs craintes d’éventuels francs-tireurs. Toutefois l’accord exclut «les nouveaux bâtiments ou les travaux de rénovation déjà approuvés».
Le Conseil législatif palestinien, qui compte 88 membres, est issu des premières élections générales palestiniennes tenues dans les territoires il y a un an. Ses membres ont fréquemment accusé le président palestinien Yasser Arafat de les négliger et d’exercer un pouvoir autocratique.

