Tout d’abord les accents pleins de ferveur et de piété de cette prière de Bach «Le Seigneur est mon berger»…
Tourmentée, mélancolique, rêveuse, d’un romantisme à la fois sombre et diaphane, la ballade No. 1 de Chopin… Lui succèdent deux œuvres non moins romantiques de Schumann, «L’oiseau du Prophète» et «Petits récits».
Rythmes sensuels, ensoleillés, phrases plutôt modernes d’un monde surgi des jeux de l’enfance: Villa-Lobos décrit en images sonores une poupée de porcelaine, de bois, en chiffon, d’argile, de papier... Et même ses états d’âme… Monde curieux parfois inquiétant, aux intonations tantôt douces, tantôt aiguës et angoissées.
Atmosphère plus sereine, discours d’un cœur épris avec «La romance sans paroles» de Mendelssohn.
Une fois de plus, léger changement de cap avec Ravel grâce à un «menuet» drôle, vivant, plein de ressources imprévisibles.
«Le vol du bourdon»
de Rimski-Korsakov
Obsédé, tourbillonant, véhément, vibrionnant est «Le vol du bourdon» de Rimski-Korsakov.
Puis vient le moment de découvrir Walid Hourani, non seulement interprète inspiré mais aussi compositeur à l’esprit vif qui signe là une «rhapsodie libanaise» englobant, non en filigrane, mais en toute évidence, des airs populaires libanais, des ritournelles folkloriques, coulés dans un monde occidental. Toutes proportions gardées, de quoi étaient donc faites les «polonaises» et les «rhapsodies hongroises»? Pour terminer, une voix d’Orient familière à nos mélomanes, celle de Boghos Gelalian à qui Walid Hourani prête, en note d’orgue de cette cassette, une dimension particulièrement vibrante. «Vocalise» est une œuvre métissée conciliant certains accents orientalisants d’un lyrisme contenu et rigueurs d’une écriture occidentale aux épanchements maîtrisés. Pour tout dire, voilà les sortilèges de Walid Hourani au clavier sur C.D. Pour les amateurs de musique, un régal disponible à tout moment.
E.D.

