Mme Arbel a précisé que la police allait demander à la télévision de produire les éléments de son dossier, faute de quoi elle s’adresserait à un tribunal pour la contraindre à obtempérer.
Selon la télévision, le chef du Parti ultra-orthodoxe Shass (10 députés), Arié Déri, a imposé au premier ministre le candidat de son choix, Me Roni Bar-On, au poste de conseiller juridique du gouvernement.
M. Déri espérait ainsi que le conseiller juridique, qui exerce les fonctions de procureur général, renonce à certains des chefs d’accusation «infamants» pesant contre lui dans une affaire de détournement de fonds pour laquelle il est poursuivi depuis des années.
Pour obtenir satisfaction, M. Déri aurait exercé un chantage politique en menaçant d’ordonner à son parti de voter contre l’accord de Hébron conclu le 15 janvier avec les Palestiniens et de faire ainsi chuter le gouvernement.
Plusieurs ministres ont évoqué une éventuelle dissolution du gouvernement. «Si les informations de la télévision sont exactes, il ne fait aucun doute que ce gouvernement n’aura plus aucune raison d’être», a reconnu le ministre de la Sécurité intérieure, chargé de la police, Avigdor Kahalani.
Watergate israélien
La presse a, pour sa part, évoqué un «Watergate» israélien, par référence à l’affaire qui avait entraîné la démission en 1974 du président américain Richard Nixon.
Plusieurs commentateurs ont commencé à détailler la procédure qui pourrait être éventuellement utilisée pour démettre M. Netanyahu de ses focntions.
MM. Netanyahu, Déri et Bar-On ont tous démenti la version de la télévision.
Dans un premier temps, le chef du gouvernement avait qualifié mercredi les révélations de télévision de «stupidités». Il a toutefois adopté deux jours plus tard un ton plus prudent en affirmant: «Je ne peux pas croire que l’on ait pu faire de telles choses dans mon dos».
Le premier ministre, ainsi que MM. Déri, Bar-On et Avigdor Liberman, le tout puissant directeur général de la présidence du Conseil, bras droit de M. Netanyahu, pourraient être interrogés dans le cadre de l’enquête.
Le chef du département des informations de la télévision, Rafic Halabi, a pour sa part affirmé qu’il disposait d’un «dossier en béton». Selon lui, «le premier ministre a participé à une réunion le 6 janvier à son domicile à Jérusalem avec plusieurs de ses collaborateurs pour désigner un conseiller juridique du gouvernement. Il a quitté la réunion avant qu’elle s’achève pour inspecter la centrale nucléaire de Dimona, tandis que les autres participants concluaient ensuite “l’Affaire Déri-Bar-On”», a ajouté M Halabi.
Le directeur général de la télévision publique, Yaïr Stern, a de son côté affirmé que la télévision collaborera avec la police, tout en affirmant qu’elle voulait préserver le secret sur ses sources.


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