«Aucun Arabe ne peut accepter ce qui se produit au Soudan, nous espérons que les conflits internes seront résolus d’une manière préservant l’intérêt du Soudan et son unité territoriale», a déclaré le ministre séoudien des Affaires étrangères Séoud al-Fayçal en accueillant son homologue égyptien Amr Moussa en visite à Ryad.
M. Moussa a réaffirmé que l’Egypte «ne peut accepter la division du Soudan en aucune circonstance» et que les combats dans l’est du pays résultaient «de développements internes». Il a appelé «les Soudanais à adopter une position unifiée afin de sauver leur pays des dangers qui l’entourent en raison des erreurs dans la politique actuellement suivie par le Soudan».
Avant son départ du Caire, M. Moussa avait riposté aux accusations du président soudanais Omar al-Béchir reprochant à l’Egypte d’accueillir «des groupes terroristes soudanais».
«Accuser l’Egypte d’accueillir des terroristes n’est pas crédible», a déclaré M. Moussa, «la vérité est que le Soudan doit revoir sa politique concernant le refuge et l’appui offerts au terrorisme».
L’agence égyptienne MENA a pour sa part affirmé que le parti yéménite al-Islah avait envoyé «une poignée de terroristes» (islamistes) combattre au Soudan.
Khartoum est soumis depuis mai 1996 à des sanctions diplomatiques internationales pour n’avoir pas livré trois islamistes égyptiens réclamés par l’Ethiopie après l’attentat manqué contre le président égyptien Hosni Moubarak en 1995 à Addis-Abeba.
Des appuis dans le Golfe
Le Caire et Ryad sont restés sourds aux appels à l’aide du régime islamiste de Khartoum, qui accuse l’Ethiopie et l’Erythrée de soutenir une importante attaque de l’opposition dans l’est du Soudan, ce qu’Addis-Abeba et Asmara ont démenti.
Le ministre soudanais des Affaires du cabinet Salaheddine Ahmed Karar continuait néanmoins à quêter des appuis dans le Golfe, poursuivant à Oman sa tournée.
Oman s’est refusé à prendre position en arguant du fait que «la situation n’est pas claire», tandis le Qatar apportait son appui sans réserves à Khartoum et que les Emirats arabes unis se déclaraient prêts à une médiation.
Le porte-parole du gouvernement soudanais, le général Al-Tayeb Ibrahim Khaïr, a affirmé samedi à la presse que les troupes gouvernementales avaient attaqué jeudi un rassemblement de «rebelles» sudistes près de Torit, à 80 km au nord de l’Ouganda, tuant et blessant «beaucoup» d’entre eux, mais que la situation restait inchangée sur les fronts de l’Est.
Le général Khaïr s’est plaint qu’Asmara ait fourni à l’opposition soudanaise des moyens matériels, une radio et même les locaux de l’ex-ambassade soudanaise et affirmé que «l’Erythrée ne nous laisse pas d’autre choix que la réciprocité».

