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Actualités - Chronologie

Durcissement policier contre les manifestants serbes


La Cour suprême de Serbie a infligé hier un nouveau revers à l’oppoition, en la privant d’une de ses victoires aux élections municipales, et le pouvoir donne désormais l’impression de vouloir noyer la crise dans un épais brouillard juridique.
Simultanément, la police anti-émeutes a durci son face-à-face avec les opposants qui envahissent chaque jour le centre de Belgrade, où des manifestants ont été matraqués
pour la première fois en trois semaines.
Depuis une dizaine de jours les tribunaux serbes, considérés comme largement inféodés au pouvoir politique, multiplient les décisions parfois contradictoires, accordant puis retirant des villes à l’opposition et ajoutant chaque fois à la confusion ambiante.
Pour l’opposition, le président Slobodan Milosevic cherche ainsi à gagner du temps pour éviter de reconnaître ses défaites aux élections municipales du 17 novembre.
La Cour suprême a confirmé en appel hier l’annulation de la victoire de l’opposition à Smederevska Palanka (70 km au sud-est de Belgrade), qui avait été prononcée la semaine dernière par un tribunal local.
Smederevska Palanka est une des 14 villes où la victoire de la coalition «Ensemble» avait été constatée fin décembre par une mission de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).
Lundi, c’était le tribunal municipal de Belgrade qui avait suspendu la victoire de l’opposition dans la capitale après une plainte du parti socialiste (SPS, au pouvoir). Le tribunal avait saisi la Cour suprême, en précisant qu’aucun délai ne pouvait être fixé pour une décision finale.
La justice avait en revanche entériné la semaine dernière la victoire de «Ensemble» à Nis (sud), la deuxième ville de Serbie.
Résultat: sur les 14 villes gagnées par l’opposition, seules six lui sont aujourd’hui reconnues apparemment sans contestation.

«Partie d’échecs contre le peuple»

Les choses sont apparues encore plus complexes avec les déclaration d’un «haut responsable» du SPS à un journal de Belgrade. Sous couvert de l’anonymat, il a assuré que le régime serbe s’apprête en fait à placer la municipalité sous administration provisoire et à organiser un nouveau scrutin dans la capitale.
«Ceux qui ont volé le résultat des élections n’ont plus aucune idée», a estimé un des leaders de l’opposition, Zoran Djindjic, en s’adressant à une foule de 20.000 personnes rassemblée comme chaque jour dans le centre de Belgrade.
Selon M. Djindjic, chef du Parti démocrate (DS), le président Milosevic «joue une partie d’échecs contre son peuple». «Il a perdu cette partie, mais il joue la montre et attendra jusqu’à la dernière seconde», a-t-il dit.
Vuk Draskovic, un autre leader de la coalition, a lancé un appel aux policiers anti-émeutes après des matraquages de manifestants survenus dans la nuit de lundi à mardi, pour la première fois depuis le 27 décembre.
S’adressant directement aux policiers anti-émeutes déployés aux abords du rassemblement, M. Draskovic, qui dirige le Mouvement serbe du renouveau (SPO), leur a lancé: «Messieurs les policiers, il y a des ordres que l’on n’a pas le droit d’exécuter. Pourquoi avez-vous matraqué hier les Belgradois?».
Les forces anti-émeutes avaient dispersé à la matraque plusieurs groupes de manifestants venus apporter leur soutien aux étudiants qui font face aux policiers.
Selon la radio indépendante B-92, un manifestant a dû être hospitalisé après avoir reçu un violent coup à la tête.
Depuis le début du mouvement il y a deux mois, les incidents les plus graves ont eu lieu le 24 décembre lors d’affrontements entre supporters du régime et sympathisants de l’opposition, qui avaient fait un mort et 91 blessés.
L’opposition a appelé la population à venir soutenir les centaines d’étudiants qui ont entamé hier soir leur troisième nuit d’affilée face au cordon de police qui les empêche de défiler dans Belgrade.
Les étudiants ont aussi reçu le soutien de plusieurs centaines de taxis de la capitale qui ont défilé pour la première fois, en provoquant d’inextricables embouteillages sous les applaudissements des passants.
La Cour suprême de Serbie a infligé hier un nouveau revers à l’oppoition, en la privant d’une de ses victoires aux élections municipales, et le pouvoir donne désormais l’impression de vouloir noyer la crise dans un épais brouillard juridique.Simultanément, la police anti-émeutes a durci son face-à-face avec les opposants qui envahissent chaque jour le centre de Belgrade, où des manifestants ont été matraqués pour la première fois en trois semaines.Depuis une dizaine de jours les tribunaux serbes, considérés comme largement inféodés au pouvoir politique, multiplient les décisions parfois contradictoires, accordant puis retirant des villes à l’opposition et ajoutant chaque fois à la confusion ambiante.Pour l’opposition, le président Slobodan Milosevic cherche ainsi à gagner du temps pour éviter de...