Selon le porte-parole de l’Alliance à Moscou, les discussions ont débuté à 11h00 (08h00 GMT) dans une résidence gouvernementale de la proche banlieue de la capitale russe. Elles devraient durer cinq heures, à l’issue desquelles Javier Solana a regagné Bruxelles sans rencontrer la presse.
«Ces pourparlers peuvent être qualifiés d’exploratoires. Il s’agit, pour nous, de dégager un terrain d’entente et d’essayer de trouver un calendrier pour la suite», a dit John Lough.
Javier Solana est arrivé dimanche à Moscou, mandaté par les ministres des Affaires étrangères des Seize, pour tenter de sonder les positions du Kremlin et d’atténuer son opposition aux projets d’élargissement à l’Est de l’OTAN
Il devrait notamment proposer à ses interlocuteurs un train de mesures susceptibles de déboucher sur un accord avec Moscou avant le sommet de Madrid qui, en juillet, marquera le début des négociations d’adhésion avec certains pays d’Europe centrale et orientale.
La Russie reste fermement opposée aux projets alliés dans lesquels elles voient une «menace» pour sa sécurité. Mais elle semble bien en peine de trouver une réponse appropriée.
A l’OTAN, on se dit désormais persuadé que le Kremlin a compris le caractère irréversible de l’élargissement, prévu pour 1999, mais qu’il espère limiter le nombre de nouveaux adhérents et monnayer son accord.
Certains diplomates alliés estiment que la conclusion de cet accord pourrait faire l’objet d’un sommet extraordinaire.
Partenaire naturel
«Nous voulons élaborer, de concert avec les Russes, un document qui refléterait l’importance des relations entre l’OTAN et Moscou et définirait les domaines de coopération possibles afin que ces relations puissent être stables et productives», souligne John Lough.
Toutefois, il est fort peu probable, vu le ton qui prévaut aujourd’hui à Moscou et l’absence du président Boris Eltsine, hospitalisé depuis le 8 janvier pour une pneumonie, qu’un accord puisse être dégagé. La signature du document final définissant les relations entre Moscou et l’OTAN pourrait même n’intervenir qu’après le sommet de Madrid, confie-t-on dans les milieux alliés.
«Notre sentiment est qu’il vaut mieux attendre un peu et avoir un bon document que de faire preuve d’une hâte inutile», a dit lundi un diplomate occidental en poste à Moscou.
«Ce que nous souhaitons dire aux Russes, c’est que l’élargissement ne menace pas leurs intérêts et que l’Alliance est, pour eux, un partenaire naturel», rappelle John Lough.
«La rencontre d’aujourd’hui marque une avancée en ce sens qu’elle a pour but de chercher à développer les relations entre l’OTAN et la Russie», ajoute-t-il.
Pour l’essentiel, les nouvelles propositions de l’Alliance sont connues depuis décembre.
Le point central est la création d’un forum permanent sur la sécurité européenne entre l’Alliance et la Russie, portant notamment sur la prolifération nucléaire, le terrorisme, le crime organisé ou les systèmes de défense antimissiles et qui, dans certains cas, pourrait aller jusqu’à la codécision sans pour autant octroyer à Moscou de droit de veto.
Les Seize ont déjà promis de n’installer ni troupes ni armes nucléaires sur le territoire des pays de l’Est en temps de paix. Ils ont également laissé entendre qu’ils pourraient accepter une révision du traité CFE sur les plafonds d’armes conventionnelles pour tenir compte de la nouvelle donne créée par l’expansion de l’OTAN.

