«Nous nous attendons à ce que l’Egypte appuie, comme d’habitude, l’unité du Soudan (…) et refuse toute violation de sa souveraineté et toute atteinte à son intégrité territoriale», a déclaré à la presse au Caire le ministre d’Etat soudanais aux Affaires étrangères Moustafa Osmane Ismaïl.
A Khartoum, le ministre de l’Information Al Tayeb Ibrahim Mohammed Khair a souligné que «les Soudanais et les Egyptiens sont des peuples de la vallée du Nil qui partagent des intérêts communs et ont une même vision des moyens d’affronter les menaces imminentes».
M. Ismaïl accompagnait le vice-président soudanais, le général Al Zubaïr Mohammad Saleh, qui a achevé jeudi une visite de 24 heures en Egypte, où il a notamment rencontré le président Hosni Moubarak et le premier ministre Kamal al-Ganzouri.
La visite de M. Saleh est intervenue alors que les relations entre les deux pays sont extrêmement tendues et que l’opposition armée soudanaise affirme avoir infligé à Khartoum de sérieux revers dans le sud et l’est du Soudan, en prenant notamment les villes de Kurmuk et Qeissan, à la frontière éthiopienne.
Les autorités soudanaises accusent l’opposition d’être soutenue par l’Ethiopie et l’Erythrée, qui ont démenti.
Les médias officiels égyptiens ont évoqué avec discrétion la visite de M. Saleh et les télévisions se sont vues interdire de le filmer au palais présidentiel. Sa visite était la première d’un responsable soudanais de haut rang depuis la rencontre de M. Moubarak avec son homologue soudanais Omar el-Béchir, en marge du sommet arabe du Caire en juin 1996.
Au Soudan, où la mobilisation générale a été décrétée en début de semaine, la quasi-totalité des universités ont fermé, selon la presse. Etudiants et fonctionnaires ont été appelés à rejoindre au front les Forces de défense populaires (FDP, milices islamistes para-militaires).
Interrogé pour savoir si le Soudan avait demandé des fournitures d’armes à l’Egypte, M. Ismaïl a refusé de répondre. Craignant d’avantager la guérilla sudiste, l’Egypte s’était opposée l’an dernier à l’ONU à un embargo sur les armes contre Khartoum, qu’elle accuse pourtant d’avoir commandité l’attentat contre M. Moubarak en 1995 à Addis Abeba.
M. Ismaïl a demandé à la Ligue arabe «d’apporter son soutien politique à l’unité du Soudan qui fait face à une invasion étrangère».
L’Irak, dont le Soudan était l’un des rares alliés durant la crise du Golfe en 1990-91, a déploré «l’agression de l’Ethiopie» contre le Soudan et appelé les pays arabes à une action concertée pour y mettre fin. Le Yémen a exprimé également sa solidarité avec Khartoum.

