M. Sélim Hoss s’est déclaré hier «satisfait» de voir le président de la République et le président de la Chambre se départir de cette hérésie appelée «la troïka».
Pour M. Hoss, cette formule a «miné» la vie politique au Liban. Il l’a qualifiée d’anticonstitutionnelle car «contraire au principe de la séparation des pouvoirs» et antidémocratique «car elle réduit les institutions aux personnes de leurs dirigeants».
L’ancien président du Conseil reproche aussi à cette formule son aptitude à aiguiser les contradictions entre les communautés.
«Lorsque les conflits éclatent entre les gens du pouvoir, qui prétendent représenter leurs communautés, on a l’impression, à cause de cette formule, que ce sont les communautés elles-mêmes qui sont en conflit, ce qui n’est pas du tout vrai», a ajouté M. Hoss.
Par ailleurs l’ancien président du Conseil a émis des réserves quant aux vraies motivations qui ont poussé le chef de l’Etat et le président de la Chambre à déclarer cette formule «morte et enterrée».
«Je crains que cette déclaration ne constitue un nouveau round dans la série de confrontations entre les pôles du pouvoir, d’autant plus qu’elle intervient à un moment où des divergences sont apparues entre le chef de l’Etat et le président de la Chambre concernant les modifications constitutionnelles et les élections municipales», a-t-il indiqué.
Ce qui confirme M. Hoss dans ses doutes c’est que «le chef de l’Etat et le président de la Chambre, ont chacun de son côté, parlé de leurs différends, avant que les projets, objet du conflit, ne soient soumis au Conseil des ministres et aux députés».
«Cette façon qu’ont les responsables de doubler les institutions en réduisant leur rôle me fait craindre de voir le conflit actuel renouveler un scénario déjà vu», a-t-il ajouté.
Mettre fin à cette «hérésie constitutionnelle», reste, pour M. Hoss, une revendication vitale pour le pays.
La confirmation de la disparition de ce principe du vécu politique reste tributaire de l’application dont il fera l’objet au quotidien, a-t-il encore dit.
«Mais ceci ne veut aucunement signifier l’absence de coordination entre les différents responsables, bien au contraire, cette coopération est souhaitable d’autant plus qu’elle ne met aucunement en danger le principe de la séparation des pouvoirs», a-t-il conclu.

