John Updike, né le 18 mars 1932, racontait lui-même comment une enfance solitaire dans une ferme de Pennsylvanie (Nord-Est) l'avait préparé à une vie «cérébrale». «Il souffrait de bégaiement et de psoriasis, des maladies qui le tenaient à l'écart des autres. Il avait trouvé le réconfort dans l'écriture et avait obtenu une bourse pour Harvard», rappelle l'Academy. «Ma mère rêvait d'être écrivain et je la voyais souvent taper à la machine dans le salon. C'est là aussi que je me réfugiais quand j'étais malade, je m'asseyais à côté d'elle et je la regardais», se souvenait John Updike. Le sexe jouait un rôle important dans son œuvre. En 1968, il avait fait scandale avec Couples dans lequel il racontait les échanges sexuels d'une dizaine de couples dans une petite ville imaginaire. Dans une existence d'homme, «les trois choses les plus secrètes sont le sexe, l'art et la religion», disait-il. En 1984, son roman The Witches of Eastwick (Les sorcières d'Eastwick), porté rapidement à l'écran avec pour vedettes Jack Nicholson, Cher et Susan Sarandon, avait suscité de vives critiques des mouvements féministes. En 2008, il en avait publié une suite, The Widows of Eastwick (Les veuves d'Eastwick). Petit-fils d'un pasteur presbytérien et lui-même profondément chrétien, John Updike se disait volontiers nostalgique des États-Unis de son enfance. Mais «"Rabbit" et moi avons tous les deux été agréablement frappés, au cours des cinquante dernières années, par le recul du puritanisme dans le domaine des lois, des mœurs et des modes féminines», confiait-il en 2005 à l'hebdomadaire français Le Nouvel Observateur. La plupart de ses romans avaient pour cadre des petites villes américaines apparemment sans histoires, mais ses personnages étaient traversés d'interrogations philosophiques et de doutes existentiels. Et s'il était l'un des auteurs les plus célébrés d'Amérique, c'est aussi l'Amérique qui a nourri toute son œuvre.
Culture
John Updike racontait l’Amérique
OLJ / le 29 janvier 2009 à 21h34
John Updike, né le 18 mars 1932, racontait lui-même comment une enfance solitaire dans une ferme de Pennsylvanie (Nord-Est) l'avait préparé à une vie «cérébrale». «Il souffrait de bégaiement et de psoriasis, des maladies qui le tenaient à l'écart des autres. Il avait trouvé le réconfort dans l'écriture et avait obtenu une bourse pour Harvard», rappelle l'Academy. «Ma mère rêvait d'être écrivain et je la voyais souvent taper à la machine dans le salon. C'est là aussi que je me réfugiais quand j'étais malade, je m'asseyais à côté d'elle et je la regardais», se souvenait John Updike. Le sexe jouait un rôle important dans son œuvre. En 1968, il avait fait scandale avec Couples dans lequel il racontait les échanges sexuels d'une dizaine de couples dans une petite ville imaginaire. Dans une existence d'homme, «les trois choses les plus secrètes sont le sexe, l'art et la religion», disait-il. En 1984, son roman The Witches of Eastwick (Les sorcières d'Eastwick), porté rapidement à l'écran avec pour vedettes Jack Nicholson, Cher et Susan Sarandon, avait suscité de vives critiques des mouvements féministes. En 2008, il en avait publié une suite, The Widows of Eastwick (Les veuves d'Eastwick). Petit-fils d'un pasteur presbytérien et lui-même profondément chrétien, John Updike se disait volontiers nostalgique des États-Unis de son enfance. Mais «"Rabbit" et moi avons tous les deux été agréablement frappés, au cours des cinquante dernières années, par le recul du puritanisme dans le domaine des lois, des mœurs et des modes féminines», confiait-il en 2005 à l'hebdomadaire français Le Nouvel Observateur. La plupart de ses romans avaient pour cadre des petites villes américaines apparemment sans histoires, mais ses personnages étaient traversés d'interrogations philosophiques et de doutes existentiels. Et s'il était l'un des auteurs les plus célébrés d'Amérique, c'est aussi l'Amérique qui a nourri toute son œuvre.

