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Dernières Infos - Justice

Flottilles pour Gaza : une nouvelle plainte pour torture nourrit l'enquête française


Une personne brandissant un drapeau palestinien à bord d'un bateau de la flottille Venice4Palestine, lié à l'organisation Global Sumud Italia, à Venise, le 7 septembre 2026. Photo Stefano RELLANDINI / AFP

Une nouvelle plainte regroupant 26 navigants de flottilles humanitaires pour Gaza interceptées par les forces israéliennes en 2025 et 2026 vient nourrir les enquêtes ouvertes, notamment pour tortures et crime de guerre par le parquet national antiterroriste à Paris. Ces plaignants sont membres de la Global Sumud Flotilla, une initiative qui se revendique « pacifique et humanitaire » pour acheminer de l'aide en direction de la population de Gaza. Ils ont été interceptés en haute mer sur trois flottilles d'octobre 2025, avril 2026 et mai 2026. Jusqu'à présent, les autorités militaires et pénitentiaires israéliennes ont rejeté les accusations formulées par les participants aux flottilles.

Dans leur plainte d'une centaine de pages, déposée lundi contre X et dont l'AFP a eu connaissance, ils dénoncent le détournement de leurs navires par l'armée israélienne et leur arrestation arbitraire par les forces israéliennes. Ils dénoncent des violences (tabassages, coups de taser...) et des traitements inhumains et dégradants. Elles auraient été commises notamment après le regroupement de militants sur ce qu'ils ont appelé un « navire prison » israélien, dans un « container de torture » aveugle, puis après leur débarquement. Cinq d'entre eux se plaignent aussi « d'attouchements de nature sexuelle ». Parmi les humiliations subies, les plaignants racontent le « déshabillage », la « diffusion en boucle de l'hymne national accompagnée d'insultes », le « maintien prolongé à genoux sur le gravier », les « sangles brûlantes délibérément resserrées » ou encore les tentatives de les « contraindre à la signature de faux aveux ». « Durant les interrogatoires, j'ai été frappé par des policiers, qui ricanaient en me traitant de terroriste, me disaient que j'allais me faire violer en prison », a témoigné lors d'une conférence de presse Jules Jassef, participant à la flottille de 2025.

« Pris au sérieux »

La justice doit mettre « fin à l’impunité de toute personne » qui aurait pu prendre part aux faits, comme auteur ou complice, demandent les avocats Mes Chirinne Ardakani, Hanna Bouchareb, Romain Ruiz, Raphaël Kempf, Rosanna Lendom, Camille Duprié, Mathilde Lanté et Prisca Ancion. Ils souhaitent que leur plainte soit jointe aux deux enquêtes préliminaires déjà ouvertes depuis l'été par le Pnat, confiées à l'Office central de lutte contre les crimes contre l'humanité (OCLCH), sur les trois flottilles d'octobre 2025 à mai 2026.

La première enquête, pour crime de guerre et tortures, avait été ouverte après un signalement du Quai d'Orsay. À l'époque, les condamnations s'étaient multipliées quant au traitement réservé aux 430 militants de divers pays de la flottille, arraisonnés à l'ouest de Chypre, amenés de force en Israël puis détenus avant d'être expulsés en mai. Une vidéo diffusée par le ministre israélien d'extrême droite Itamar Ben Gvir, présentant des militants agenouillés et mains liées, avait déclenché un tollé. M. Ben Gvir a été interdit de séjour en France.

« Nous avons le sentiment que les choses sont prises au sérieux » par le parquet national antiterroriste, a souligné Me Hanna Bouchareb. « Le dialogue semble fluide, nous avons l'espoir que cela mène à quelque chose après la saisie, à terme, d'un juge d'instruction indépendant ». Les avocats des participants à la flottille restent échaudés par leurs relations avec le Quai d'Orsay et Me Raphaël Kempf se dit attentif à tout risque de classement « politique » de la plainte. « Juridiquement, il est hors de question qu'il y ait un classement sans suite. Ce serait un message d'impunité et de laisser-faire adressé aux autorités israéliennes », plaide-t-il.

Pour l'heure, les enquêtes préliminaires se poursuivent, a précisé le Pnat à l'AFP. De nombreux plaignants ont déjà été interrogés par les gendarmes, ont indiqué des sources proches du dossier. Ce cadre « correspond au choix fait à ce stade par les victimes qui ont décidé de déposer plainte auprès du parquet et non de déposer une plainte avec constitution de partie civile devant un juge d’instruction », a précisé le Pnat. « Nous constatons ainsi qu’aucune des victimes n’a, à ce jour, exercé les voies procédurales qui leur sont ouvertes en matière criminelle, pour voir automatiquement saisi un juge d’instruction ».

Des enquêtes sont également ouvertes en Italie, en Australie ou en Turquie, ce pays ayant émis dans ce cadre un mandat d'arrêt international contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Une nouvelle plainte regroupant 26 navigants de flottilles humanitaires pour Gaza interceptées par les forces israéliennes en 2025 et 2026 vient nourrir les enquêtes ouvertes, notamment pour tortures et crime de guerre par le parquet national antiterroriste à Paris. Ces plaignants sont membres de la Global Sumud Flotilla, une initiative qui se revendique « pacifique et humanitaire » pour acheminer de l'aide en direction de la population de Gaza. Ils ont été interceptés en haute mer sur trois flottilles d'octobre 2025, avril 2026 et mai 2026. Jusqu'à présent, les autorités militaires et pénitentiaires israéliennes ont rejeté les accusations formulées par les participants aux flottilles.Dans leur plainte d'une centaine de pages, déposée lundi contre X et dont l'AFP a eu connaissance, ils dénoncent le...